Carnets d’une photorévoltée (2)

Je commence donc par le début, à savoir pourquoi je suis tombée sur un parc de panneaux photovoltaïques. Drôle de vocabulaire d’ailleurs : on parle de parc, un mot qui renvoie plutôt à une idée de végétation et d’animaux, à la nature vivante et non pas morte comme dans ces centrales. Centrales : un mot qu’il faudrait plutôt employer ! Mais, c’est un mot pas bien joli pour une énergie dite renouvelable.

Donc, nous habitons au pied de la montagne de Lure dans les Alpes de Haute Provence. Autour de chez nous, des parcelles boisées, des landes, quelques champs de lavande et quelques pâturages.

Donc, durant l’hiver 2023-2024, nous entendons le bruit d’un chantier de coupe. Au bout de quelques jours, nous décidons d’aller voir ce qui se passe dans ce bois au-dessus de notre maison. Il est vrai que les bruits des engins forestiers nous paraissent par moments bien près.

Après une vingtaine de minutes de marche, nous arrivons à ce qui était une lande de genêts avec quelques bosquets d’arbres. Maintenant, sur plusieurs hectares, il ne reste plus aucun arbre ni arbuste et une énorme machine est en train de broyer ce qui reste de genêts et d’arbrisseaux.

Là où nous venions de temps en temps nous promener, là où nous voyions de nombreuses sentes créées par le passage des animaux (certainement des chevreuils), là où nous avions trouvé un pin que nous avions baptisé « le pin-lyre » à cause de sa tête composée de branches en forme de bras d’une lyre, il n’y a plus que des morceaux de branches broyées, des éclats de bois, du végétal laminé, des cailloux ramenés à la surface et des ornières. Quelle horrible surprise !

Pourquoi avoir rasé toute cette végétation sur cette parcelle qui se trouve au milieu d’un endroit boisé et sans aucune habitation ? Petit à petit, nous allons voir s’installer là un parc de panneaux photovoltaïques de 5 hectares environ (auxquels il faut ajouter plusieurs hectares pour l’élargissement du chemin d’accès et pour les OLD (Obligations Légales de Débroussaillement) qui sont faites sur le pourtour de la centrale et sur les 2 côtés du chemin :

  • travail de nivellement du terrain pour avoir du plat et des courbes harmonieuses
  • enfoncement dans les cailloux et les rochers des poteaux qui supporteront les panneaux
  • pose des panneaux et construction des locaux techniques comportant onduleurs, transformateurs 
  • enfouissement de la ligne électrique qui passait à cet endroit
  • installation des câbles de raccordement
  • enfouissement de réserves d’eau de 60 m3
  • installation d’une clôture entourant tout le site : elle parait bien solide avec des caméras de surveillance. ([1])

Nous apprendrons peu à peu que cette parcelle est communale et que le parc porte le nom de « parc du Défends du Bon Péou » (photo ci-dessous).

La mairie des Omergues a donc cédé en bail l’usage de ce terrain à une société qui se charge de tous les travaux d’installation, de surveillance, de maintenance. Elle a, de fait, privatisé un espace communal sans qu’aucune information ne nous parvienne alors que nous habitons à moins de 500 mètres de cette centrale (on apprendra ensuite qu’une annonce d’enquête publique avait bien été affichée sur le panneau d’informations communales).

Revenons à notre « parc ». Entre les rangées de panneaux et la clôture, il y a une large bande de terre de plusieurs mètres pour le passage d’engins divers et, à l’extérieur, de l’autre côté du grillage, se trouve également une autre bande de terre où les arbres et autres végétaux ont été coupés. Cela correspond aux OLD dont je parlais un peu plus haut. Il faut en effet une zone « propre » autour de la centrale pour permettre aux pompiers et aux secours d’intervenir. Il est d’ailleurs très compliqué pour les pompiers d’intervenir en cas d’incendie.

  • à partir de la page 18, il y a la « description des principaux types d’installations de panneaux photovoltaïques » avec un schéma
  • puis le détail des « éléments constitutifs » pages 19 à 25
  • de la page 26 à 28, il est question des installations au sol, ce qui est notre cas. Schéma intéressant également
  • page 29 : voies d’accès et sécurité du site
  • page 30 : le cycle de vie (phase de construction et sa phase post-exploitation)
  • pages 31 et suivantes : incidents sur panneaux hors parcs dont page 39 les causes de départ de feu (ces pages ne prennent pas en compte les parcs de panneaux photovoltaïques, dont le retour d’expérience est spécifiquement traité plus loin dans l’étude)
  • page 44, on revient aux PPV. Il est cependant noté (certes en juin 2023) : « Il est actuellement très difficile de connaître le nombre de parcs installés en forêt en fonctionnement, et à fortiori l’ensemble des incidents qui s’y sont produits et ont induit une éclosion d’incendie même très limitée » !!! Combien faut-il que je mette de points d’exclamation pour montrer mon étonnement devant cet aveu d’un ministère ! Vais-je jusqu’à extrapoler que cette structure n’est pas au courant (ah, ah, jeu de mots) de tout ce qui concerne les PPV en tant que ministère de la transition écologique ? Car, évidemment, les panneaux, c’est écolo !
  • alors que la page 44 parle des incendies éclos dans les parcs, les pages suivantes concernent ceux hors parcs jusqu’à une synthèse pages 54-55.
  • page 55 : quelques lignes sur les batteries lithium-Ion qui permettent de stocker temporairement une partie de l’électricité produite. Cet usage est récent mais on recenserait déjà 3 cas d’incendies…
  • page 59 : la plupart des parcs PV sont dotés de caméras de surveillance contre d’éventuelles intrusions
  • page 60 : il faudrait éviter d’installer des parcs en zone boisée des piémonts des massifs dans le sens du vent dangereux dominant. Y a-t-il eu des études à ce sujet avant de faire toutes ces centrales dans notre montagne ?
  • page 61 : le débroussaillement a des côtés négatifs : « le débroussaillement a pour objectif de réduire la quantité de combustible disponible et ainsi de réduire l’intensité de l’incendie. Mais dans la majorité des cas, le débroussaillement va favoriser le développement des herbacées, réduire les ombrages au sol, et ainsi augmenter l’inflammabilité de la végétation en place ».
  • page 68 : les parcs photovoltaïques sont considérés au sens du code forestier comme des « installations de toute nature ». Qu’est-ce que ça veut dire ???
  •  selon la taille et la forme du parc, la superficie à débroussailler hors de l’emprise du parc peut être importante. Pour un parc compact, carré de 25 ha, la bande de débroussaillement externe est de 11 ha alors que sur un parc allongé toujours de 25 ha, elle peut atteindre 27 ha. Quand on donne la surface d’un parc, on ne donne que le parc et non les OLD.
  • page 70 : on y trouve la conception et des installations ainsi que la maitrise foncière
  • page 71 : prescriptions techniques
  • page 78 : liste des cas d’incendie concernant des parcs photovoltaïques analysés. Par exemple, dans les Landes, deux incendies en lien avec des parcs photovoltaïques y sont recensés en moyenne par an.

Le site aria.developpement-durable.gouv.fr dépend du ministère du développement durable. Il publie un article intitulé « Accidentologie associée aux panneaux photovoltaïques » ([4]) qui spécifie ces difficultés particulières dont l’électrisation.

Je reviens à notre centrale. Je l’ai dit, quand on cherche une info (là, c’était sur la dangerosité d’un incendie avec PPV pour les pompiers et autres intervenants) on trouve d’autres infos intéressantes qui peuvent déboucher sur bien d’autres questions…

Alors, je reviens à mes moutons (mais ça, c’est une autre histoire d’agrivoltaïsme…)

Ces OLD s’imposent aussi tout au long du chemin qui va de la route jusqu’à la centrale. Dans le cas de notre parc du Défends du bon Péou, on a considérablement agrandi le petit chemin forestier qui existait.  Ainsi, tous les engins nécessaires à la construction du parc peuvent passer facilement. Cette tranchée dans la végétation, super bien aplanie servira de voie d’accès aux pompiers et secours divers en cas de problèmes (incendie, …). Une OLD s’applique tout au long de ce grand chemin (pardon Giono) sur 5 mètres de part et d’autre de la voie. On a coupé ainsi la végétation et de magnifiques arbres pour, parait-il, « décarboner la production d’électricité ». Quel beau paradoxe ! D’ailleurs, il n’y a plus un seul brin d’herbe sur cet ex-sentier forestier.

Quand la centrale arrive en fin de vie (en général 30 ans mais on parle maintenant de 40) l’exploitant a 2 choix :

  • changer les modules de production
  • déconstruire le site et tout remettre dans l’état originel

Nous ne voyons pas très bien au bout de combien de temps la végétation aura repoussé dans cette terre tassée sans plus de couverture d’humus. Quelle solution choisiront les sociétés installatrices ? Normalement, la durée du bail emphytéotique passé est mentionnée dans le contrat ainsi que l’éventuelle possibilité de prolonger ce bail en indiquant le nombre d’années où cela est possible. Pour la centrale du Défends, je ne connais pas la durée du bail : avons-nous les documents qui pourraient l’indiquer ?

Lorsqu’on voit le nombre de bâtiments industriels abandonnés parfois depuis très longtemps, on peut se demander ce qu’il en sera du démantèlement d’une centrale photovoltaïque et de la remise en l’état initial du terrain. C’est certainement sur ce genre d’espace déjà anthropisé que les parcs photovoltaïques devraient être installés.


[1] Voir la liste complète sur vaucluse.gouv.fr : https://www.vaucluse.gouv.fr/contenu/telechargement/22533/167226/file/les_plans_suite_no2_.pdf

[2] L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) est un établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle du ministère chargé de l’environnement.

[3]https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/Parcs%20PV%20et%20Feux%20de%20for%C3%AAt_Etude%20technique_V19_06_2023.pdf

[4] https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/synthese/syntheses/accidentologies-csprt/accidentologie-associee-aux-panneaux-photovoltaiques/

Carnets d’une photorévoltée (3)

Il y a une ligne électrique qui passe au-dessus de l’emplacement du parc du Défends. Au départ, nous pensions que le choix du terrain avait été fait en fonction de cette ligne, que le courant produit serait ainsi directement injecté dans le circuit… Grands naïfs et incompétents que nous étions ! Non, la production de ce parc est trop importante pour être ainsi injectée directement. Cela nécessite tout un système en cascade. A l’intérieur du parc, les câbles issus des panneaux rejoignent une boite de jonction d’où repart un seul câble (enterré) vers le local technique. Puis, par des câbles (toujours enterrés) le courant va jusqu’à une « armoire haute tension » et enfin jusqu’au réseau ERDF (Electricité Réseau Distribution France) ([1]). Dans « notre » parc, la ligne électrique qui passait au-dessus a été enterrée (pourquoi ?), les câbles partant du parc ont été enterrés le long du chemin et de la route départementale 18 pour rejoindre l’armoire haute tension fraichement installée. Puis, ça continue le long des routes départementales, parfois à travers champs jusqu’à un « poste source » qui se trouve, en ce qui nous concerne à Limans, à près de 40 kilomètres du parc !

Petit encart pour les nuls
NB. ERDF n’existe plus sous ce sigle. Maintenant, on parle de Enedis.
EDF : Electricité De France, production d’électricité, ne détient plus le monopole de la production
RTE : Réseau de Transport d’Electricité, transporte l’électricité haute tensionEnedis (ex ERDF) : Energie et distribution, achemine en basse tension et distribue dans les points de Livraison (PDL) Il existe aussi des ELD qui sont des Entreprises Locales de Distribution et qui font le même travail qu’Enedis (ceci sur 5% du territoire, notamment à Grenoble et à Strasbourg).
Enedis gère les compteurs électriques, transmet les consommations des usagers aux autres fournisseurs.
Engie est une contraction d’énergie (ex GDF-Suez, ex EDF-GDF). C’est aussi un fournisseur d’électricité. (Engie) comme Total Direct Energie ou EkWateur, … Il y en a une quinzaine.

Revenons au « poste source » : drôle de vocabulaire ! Même si c’est un terme technique, il n’y a rien qui en coule hormis le « courant » électrique et bien sûr, les profits pour les entreprises.

Qu’est-ce donc qu’un poste source ? D’après Enedis, « le poste source est un ouvrage électrique permettant de relier le réseau public de transport d’électricité au réseau public de distribution d’électricité. Il sert à :

  • transformer une très haute tension en haute tension,
  • diriger l’énergie électrique vers plusieurs canalisations haute tension, appelées « départs ». » ([2])

Sur Wikipedia, on peut lire : « Le poste source est un poste électrique du réseau de distribution d’électricité. C’est l’un des derniers éléments entre le client et le réseau électrique. Le terme « poste source » est surtout utilisé en France, par Enedis, filiale d’EDF chargée de la gestion du réseau de distribution électrique en France métropolitaine. Ailleurs on utilisera plutôt le terme poste de transformation HTB/HTA. » ([3])

Photos ci-dessus : poste source de Limans (04)

En général, un poste source est installé sur un terrain de 5 000 à 10 000 m2 (0,5 à 1 ha). Sur la commune des Omergues, la mairie s’est portée candidate pour installer un tel poste sur une parcelle de 2 ha (aux dernières nouvelles, les sites retenus sont dans l’ordre St Christol, Revest du Bion et les Omergues).

Par exemple, sur le site deux-sevres.gouv.fr, (projet d’une extension du poste électrique de ROM pour la création de l’échelon 225000 volts et la reconstruction de l’échelon 90000 volts, site de 2024), il est noté une surface supplémentaire de 4,8 ha avec besoin d’une acquisition foncière de 5,3 ha.

Sur seine-maritime.gouv.fr, pour la création du poste-source de Déville, l’emprise prévue est de 3 556 m². Sur ouest-france.fr, le poste s’étend sur 8 600 m².

Bref, on trouve de ces postes de transformation de toutes les tailles et en tout lieu, même dans des immeubles ou en souterrain !

Passons donc à ce qui conduit l’électricité des centrales PV au poste source. Pour les 2 centrales installées près de chez nous, bien quelques mois après la fin de leur construction, nous avons vu l’implantation « d’armoires électriques haute tension » (petits bâtiments d’un joli vert forêt, photo ci-dessous) par des équipes Enedis (c’était en tout cas « Enedis » qui était inscrit sur les barrières de protection des travaux. Ces mêmes équipes ont enterré également les câbles (haute ou moyenne tension ?) le long des chemins (à travers champs ?) et le long des départementales jusqu’à Limans (soit une quarantaine de kilomètres).

Autre exemple : pour conduire le courant électrique du parc solaire de Meaux (Seine et Marne) au poste source, Enedis doit faire passer un câble de 20 000 volts sous le canal de l’Ourcq (la Marne 17/04/2019), un câble de cuivre d’un kilomètre de long protégé par un fourreau de polyéthylène à 6 mètres de profondeur.

Qui finance donc l’installation de ces câbles ? Il semble que ce soit Enedis qui en assure au moins la pose.

J’en reviens aux travaux d’enfouissement des câbles électriques par Enedis : j’ai lu quelque part qu’il fallait qu’ils soient à une profondeur de 50 cm et à 85 cm pour les voies carrossables (chemins sur lesquels les voitures peuvent rouler). Encore une fois, qui finance le matériel et les travaux ? Est-ce Enedis dont le budget est alimenté par nos factures ? Sont-ce les sociétés qui installent ces centrales obligeant ainsi le service public à relier leurs parcs au réseau de distribution d’électricité ?

Quant à la déperdition suite à l’enfouissement des câbles sur de grandes distances, difficile de trouver des renseignements précis sinon qu’elle existe bel et bien. Voici une formule pour calculer ces pertes : bon courage !

La question subsidiaire est la suivante : l’électricité produite par les centrales PV est achetée par l’EDF. Mais le règlement est-il calculé en fonction de la quantité d’électricité à la sortie du parc ou par celle qui arrive au poste source ? Quelle est vraiment la différence entre la production des panneaux et ce qui est réellement injecté dans le circuit ?


[1] Voir le site ineris.fr déjà cité pages 28-29 : https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/Parcs%20PV%20et%20Feux%20de%20for%C3%AAt_Etude%20technique_V19_06_2023.pdf

[2] Enedis : « Qu’est-ce qu’un poste source ? A quoi sert-il ? » – https://www.enedis.fr/faq/glossaire/quest-ce-quun-poste-source-quoi-sert-il

[3] Poste source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Poste_source

Carnets d’une photorévoltée (1)

Ces carnets ont été rédigés dans le courant (!) de l’année 2025. Leur titre est un emprunt à la Coordination PhotoréVoltée qui lutte contre le photovoltaïsme sur les espaces naturels, agricoles et forestiers (https://coordo-nationale-photorevoltee.org/  pour trouver plein de renseignements).Et c’est début 2025 que notre petit groupe a créé l’association pour la Sauvegarde des Terres d’Albion et du Jabron, la STAJA. Les renseignements et les références de ces carnets sont donc de 2025, il y en a qu’il faudrait actualiser. En tout cas, l’essentiel des PPV (Parcs PhotoVoltaïques) reste le même, que ce soit pour la fabrication des panneaux et leur installation en zones naturelles !!

Allez, il faut que je me décide à les écrire ces carnets d’une photorévoltée ! « Photo » pour panneaux photovoltaïques et « Révoltée » parce que leur installation en zones naturelles est une ineptie et un massacre supplémentaire de ce qui est appelé la « nature ». De plus, les informations diffusées sur leur fabrication et leur mise en place sont parcellaires et parfois fausses (volontairement ou non ?) dans quasi tous les médias « ordinaires ».

Ça parait génial comme ça les panneaux photovoltaïques, appelés aussi « panneaux solaires » : quelques cm2 (les trucs qui s’éclairent dans les jardins la nuit sans branchement électrique), quelques m2 sur les toitures, quelques hectares ou quelques dizaines d’hectares dans des zones naturelles, notamment en PACA, quelques centaines d’hectares (10 fermes qui couvrent 1 200 hectares d’emprise totale dont 300 à 360 ha de panneaux dans les Landes). ([1]) Par exemple, la centrale solaire de Cestas([2]) en Gironde (photo ci-dessous) ou le parc solaire d’Arsac toujours en Gironde([3]) . Ou encore, quelques milliers d’hectares comme en Inde où se construit un parc gigantesque, le parc de Khavda au Gujarat. En plus de 770 éoliennes de 200 mètres de hauteur, il y aura 60 millions de panneau sur 538 km2 (5 fois Paris intra-muros, quasiment la surface de la mégapole de Bombay) pour une production future de 30 gigaW ! ([4]) . Sans parler des centrales géantes en Chine dont certaines sont flottantes.

Maintenant, faisons un peu de calcul : 538 km2, ça représente combien d’hectares ? Et quelles sont les dimensions des panneaux qui seront installés pour calculer en ha ? J’ai rencontré ce changement d’unités quelques fois dans mes recherches et, pour moi qui ne suis pas bien à l’aise avec les maths, cet exercice n’est pas toujours agréable. Les dimensions standard d’un panneau sont 1 m sur 1,70 m. 1 hectare représente un terrain de 100 m sur 100 soit 10 000 m2.1 km2 c’est donc 1 000 000 m2 (1 000 sur 1 000) donc un 1 km2 équivaut à 100 ha. Et en terrain de foot ? Un terrain de foot mesure environ 7 000 m2 (105 m sur 68) donc dans 1 ha on peut mettre environ 1,4 terrain de foot et sur 538 km2, il y aurait grosso modo 77 000 terrains de foot soit 1 700 000 joueurs sans compter les remplaçants !

Donc, quelques panneaux judicieusement installés et du soleil ! C’est bien, c’est propre, c’est renouvelable. Les qualificatifs ne manquent pas dans les médias surtout en cette période de « greenwashing » !

Mais ces panneaux ne sont pas du tout « écolos. Quand on commence à s’y intéresser, quand j’ai commencé à chercher des informations plus complètes, on va, je suis allée d’infos en questions :

  • Avec quoi sont faits ces panneaux ?
  • D’où les matières premières proviennent-elles ?
  • Quelles différences entre mono et polycristallin ?
  • C’est quoi un kilowatt-crête ?
  • Qui sont ces sociétés qui mettent des millions d’euros dans leur installation ?
  • Pourquoi le particulier qui veut s’en doter ne reçoit pas (ou presque plus) d’aide financière de l’état ?
  • Pourquoi l’installation obligatoire d’ombrières sur les parkings des grandes surfaces a-t-elle été reportée ?
  • Quelles conséquences pour l’agriculture l’autorisation de l’agrivoltaïsme (installation de panneaux solaires sur des terres agricoles) ?
  • Quels impacts sur la faune et la flore ? Et sur les humains ?

A gauche Parc du Khavda (Inde) – A droite : Centrale flottante en Chine

La liste (ma liste) de questions ne s’arrête pas là. Voilà, en partie, pourquoi j’ai du mal à me mettre à sa rédaction. Tellement d’informations à chercher, tellement de pistes à explorer, à suivre. Ça part dans tous les sens ! J’espère que l’écriture de ce carnet va me permettre de sérier les choses, de pouvoir exposer à tout un chacun les aspects négatifs et les nocivités de cette production d’énergie électrique.


[1] Journal Sud-Ouest du 5 mars 2025

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_solaire_photovolta%C3%AFque_de_Cestas

[3] https://www.clemessy.com/references/solaire-direct

[4] Infos sur le site connaissancedesenergies.org : https://www.connaissancedesenergies.org/afp/inde-la-grande-ruee-vers-lenergie-solaire-bientot-la-plus-grande-centrale-electrique-au-monde-241201#:~:text=Avant%20m%C3%AAme%20de%20tourner%20%C3%A0,la%20tentaculaire%20m%C3%A9gapole%20de%20Bombay.

Document-cadre

Extrait de la lettre de la DDT 04 aux maires du département :

“La loi du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables dite loi “APER”, en son article 54 et plus précisément à l’article L 111-29 du code de l’urbanisme, introduit la notion de “document cadre”.
Ce document-cadre, proposé par les chambres d’agriculture, définit les surfaces agricoles et forestières, incultes* ou non exploitées ouvertes à l’installation d’un projet photovoltaïque dit compatible, plus couramment appelé “projet photovoltaïque au sol”.
Le 13 mars dernier, le Préfet a réceptionné cette proposition de document cadre conçu par la chambre d’agriculture des Alpes de Haute Provence. Conformément à l’article R111-61 du code de l’urbanisme, il vous est transmis, pour avis sous 2 mois (date limite : (15/07/2025) . A l’expiration de ce délai de 2 mois, votre avis sera réputé favorable.”

vidéos 14/06/2025

Merci à notre cinéaste Alain d’Elzéard pour les vidéos des intervenants lors de notre réunion publique du 14 juin.

Joël (Amilure) – La production d’énergie renouvelable, une nécessité en France ? : ici

Samuel (écologue) – Biodiversité et parcs photovoltaïques : ici

Diane (STAJA) – Questions autour des projets de parcs photovoltaïques aux Omergues : ici

Réunion publique du 14 juin 2025 et balade naturaliste du 15 juin 2025

Power Point de l’intervention de Samuel : Quels sont les impacts des Parcs Photovoltaïques sur la biodiversité des milieux naturels et agricoles?

Power Point de l’intervention de •Joël (Amilure) : La production d’énergie renouvelable, une nécessité en France ? 

Vidéo : Lure en résistance, le parc photovoltaïque de Cruis (04) (Elzéard) : ici

Vidéo : les parcs photovoltaïques des Omergues : ici