A suivre…
Author: admin9784
Carnets d’une photo révoltée (9)
Pays-Bas : les énergies renouvelables mises en cause dans la crise énergétique du pays

Un ami néerlandais nous a fait part de la situation préoccupante de son pays par rapport à l’accès à l’électricité.
Sur un site de juillet 2024 (cdn.hellowatt.fr ([1]) : photovoltaïque résidentiel : les mesures que la France pourrait emprunter à ses voisins européens pour rattraper son retard) les Pays-Bas ont le photovoltaïque résidentiel le plus développé : 19,2% des logements équipés en panneaux photovoltaïques (PV) (en juillet 2025, c’est 31%). La France en a à la même époque 1,6%.

Installations moins chères, mesures fiscales, prix de l’électricité élevé, … peuvent expliquer ce phénomène. Il y aurait même obligation d’équiper tout nouveau bâtiment de panneaux.
Si, au départ les particuliers pouvaient déduire de leurs factures l’électricité excédentaire injectée dans le réseau, le gouvernement met fin à ce système pour encourager l’autoconsommation.
C’est sûr que ça parait idéal. Chaque logement produit et consomme son électricité mais j’y vois quelques bémols :
* d’abord, il faut stocker l’électricité, donc il faut des batteries avec les nuisances de leur fabrication à leur non-recyclage.
* ensuite, la consommation électrique des ménages représente environ seulement 1/3 de la consommation totale d’électricité (le reste est pour le secteur industriel, artisanal, les datacenters, …).
Actuellement, il y a des rationnements pour les industriels et les particuliers, des délais de raccordement très longs et une explosion des coups difficilement supportables.
La cause principale de tout ça est le développement des EnRI (énergies renouvelables intermittentes) sans avoir pris en compte l’évolution nécessaire des connexions et des réseaux.
Le gouvernement néerlandais prévoit 200 milliards d’euros pour le réseau d’ici 2040.
En France, les projections de RTE et d’ENEDIS également de 200 milliards d’euros d’investissement pour le réseau (avec des conséquences certaines sur les coûts) interrogent grandement d’autant plus que les Pays-Bas sont 13 fois moins étendus que la France et 4 fois moins peuplés.
Aujourd’hui, les Pays-Bas, demain la France ?
Petite revue de presse sur Internet
https://www.21news.be – Pays-Bas : la crise électrique provoquée par les renouvelables ([2])

« Les énergies renouvelables intermittentes (ENRi)([3]) sont déjà critiquées pour leur intermittence et leur coût. Aux Pays-Bas, elles provoquent désormais une crise électrique : le réseau, saturé, ne parvient plus à suivre, explique Contrepoints sur base du Financial Times.
Selon le Financial Times, 11 900 entreprises – dont des services essentiels – et des milliers de logements neufs attendent d’être raccordés, un chiffre deux fois plus élevé qu’en 2023. En cause : l’essor du solaire domestique (31 % des ménages) et de l’éolien. Ces productions dispersées imposent des milliers de stations intermédiaires et 28 000 techniciens qui manquent cruellement. Faute de mieux, les fournisseurs proposent des contrats d’auto-rationnement.
Des prix et des délais en hausse
Le gouvernement prévoit 200 milliards d’euros d’investissements d’ici 2040. Mais les prix de l’électricité sont déjà les plus élevés d’Europe et devraient croître de 50 à 60 % en dix ans. Les effets se font sentir sur l’immobilier (18 mois d’attente pour un raccordement, aggravant une pénurie de 400 000 logements) et sur l’industrie (jusqu’à dix ans pour connecter un data center). Plusieurs projets logistiques et industriels sont abandonnés, admet le maire d’Eindhoven Jeroen Dijsselbloem.
Un avertissement pour l’Europe
Des problèmes similaires apparaissent en Allemagne, au Royaume-Uni et en Irlande. En France, la modernisation du réseau liée au nucléaire coûterait dix fois moins cher que celle exigée par les ENRi.
Pour Contrepoints, ces politiques « rendent l’électricité plus chère et moins fiable, tout en bloquant logements et industries ». D’où l’appel à un moratoire sur de nouvelles installations renouvelables avant que la France ne subisse la même spirale inflationniste et économique. »

https://contrepoints.org – Pays-Bas : une crise de l’électricité à cause des renouvelables ! ([4])
« En France, RTE a chiffré les investissements nécessaires au réseau de transport longue distance de l’électricité à 100 Mds€, un chiffre encore à seulement 35 Mds en 2019. Et cela ne comprend pas les investissements que les distributeurs locaux d’électricité devront ajouter à leurs réseaux, estimés à 70 Mds par ENEDIS, soit 170 Mds au total. Mais l’estimation hollandaise, plus élevée (200 Mds) alors que le pays est 4 fois moins peuplé, laisse craindre que ces prévisions déjà stratosphériques ne soient malgré tout trop basses. »
https://www.teamfrance-export.fr – Le réseau électrique néerlandais sous tension : 14 000 entreprises en attente ([5])
« les centrales à gaz restent indispensables pour stabiliser le réseau, malgré les ambitions climatiques du pays »
https://piebiem.webnode.fr ([6])
« Les Pays-Bas sont confrontés à une crise de l’électricité, avec des rationnements pour les industriels et les particuliers, des délais de raccordements insupportables et une explosion des coûts insoutenables. »

De nombreux autres sites ou périodiques (Atlantico, Le Figaro, Les Echos, …) proposent également des articles sur ce problème mais soit il faut accepter tous les cookies, soit il faut s’abonner…
[1] https://cdn.hellowatt.fr/media/model_files/Photovolta%C3%AFque_en_Europe_-_Les_mesures_que_la_France_pourrait_adopter_pour_c_xHZdKpE.pdf
[2] https://www.21news.be/pays-bas-la-crise-electrique-provoquee-par-les-renouvelables/
[3] Sur des articles concernant la Belgique et les Pays-Bas, on parle des « Energies Renouvelables intermittentes avec l’acronyme « ENRi ». Cette notion « d’intermittence » n’apparait pas sur les sites français. Cette non-continuité (l’intermittence) pose beaucoup de problèmes pour piloter l’alimentation en électricité.
[4] https://contrepoints.org/pays-bas-une-crise-de-lelectricite-a-cause-des-renouvelables/
[5] https://www.teamfrance-export.fr/infos-sectorielles/39562/39562-le-reseau-electrique-neerlandais-sous-tension-14-000-entreprises-en-attente
[6] https://piebiem.webnode.fr/l/les-pays-bas-confrontes-a-la-crise-des-enr-diminuent-fortement-40-leurs-objectifs-eoliens-en-mer/
Carnets d’une photorévoltée (8)
Chapitre IV – Les sociétés installatrices
1 – Parlons un peu des sociétés et des finances…

Et ces parcs (comme ils disent), ces centrales photovoltaïques (PV), qui les installe ? Quelles sont donc ces sociétés qui font une sacrée pression auprès des élus locaux et des agriculteurs ? Je n’ose imaginer leurs relations auprès de divers élus, à chaque échelon de la vie politique (voir textes officiels, lois, décrets, … qui favorisent l’implantation de ces centrales) ! On peut penser aux ZAER, aux décrets sur l’agrivoltaïque. Qui donc investit des millions (en particulier dans le sud de la France en raison de l’ensoleillement) ? Y a-t-il le même lobby des PPV en Italie, Espagne, Grèce, … ? Nous savons qu’il y a des centrales que je qualifie de démentielles en Inde (photo ci-dessus), Chine, Tunisie, …
Voilà le « top 10 » des entreprises de service solaire en France, relevé sur solarecogreen.fr ([1]) en décembre 2024 :
- EDF ENR · 2. Engie Green · 3. Solar Eco Green · 4. TotalEnergies · 5. Neoen · 6. Voltalia · 7. Akuo Energy · 8. Urbasolar ·9. Solaire Direct · 10. Boralex
J’ai également noté au cours de mes recherches les sociétés Solalio, Groupe Verlaine, Effy (effy.fr/), Vitaliso (solaireinnov.fr). Chacun peut rajouter le nom de sociétés qu’il rencontre.
Dans notre petit coin des Alpes de Haute Provence, on connait aussi Boralex (société canadienne déjà citée ci-dessus), Abo Energy (avec des capitaux allemands)
D’après le site connaissancedesenergies.org, en 2024, il y avait 842 000 producteurs d’énergie renouvelable dont 437 000 … sont des particuliers ou des professionnels auto-consommateurs avec des panneaux de moins de 36 kVA (kilovoltampère). Les panneaux sur le résidentiel représentent 55% du parc PV mais seulement 10% en puissance.
Il reste donc 407 000 lieux de production autres que les particuliers et les auto-consommateurs.
Tiens, une nouvelle unité de mesure électrique. Jusqu’à présent, je trouvais des KWc (kilowatt crête). EDF donne cette définition ([2]) :
Le kilowatt-crête (kWc) correspond à une capacité de production électrique de 1 000 watts, dans des conditions standards de référence (“Standard test conditions”) : ensoleillement idéal, orientation et inclinaison favorables du panneau solaire, température adaptée, bonnes conditions d’irradiance… Ces circonstances optimales correspondent aux heures aux alentours de midi lors d’une journée d’été ensoleillée.
Le calcul de la puissance maximale d’une installation solaire se calcule sur la base d’un mètre carré et s’exprime en watt-crête (Wc). Le kilowatt-crête est son multiple par 1 000 et il est plus courant sur les devis. En anglais, ces termes se retrouvent désignés Wp et kWp (“watt-peak” pour “watt-crête”).
D’après actu-environnement ([3]), « Un Wc (Watt-crête) représente la puissance fournie sous un ensoleillement standard de 1.000 W/m2 à 25°C. ». Notez bien cette température standard : « 25°C ».

Le VA (voltampère) est une unité de mesure essentielle dans le domaine de l’électricité, principalement pour évaluer la puissance apparente dans un circuit électrique.
Le KVA (kilovoltampère) mesure la puissance électrique apparente, soit la valeur maximale que peut supporter votre compteur. A ne pas confondre avec le KWh (Kilowatt-heure) qui mesure la quantité d’énergie consommée par un appareil qui fonctionne pendant une heure.
Le Watt (W) mesure la puissance réelle consommée ; il est lié à la puissance apparente (KVA) par un rapport appelé « facteur de puissance » (FP) compris entre 0 et 1 (W=VAxFP). Source : Wikipédia. A vos calculettes !
Voili, voilou ! Pour les personnes comme moi qui ne sont pas initiées à la physique électrique, ce changement d’unité est perturbant et demande de nouvelles recherches.
Continuons ! Un nombre certain de sociétés cherchent à installer des centrales PV. Au lieu de réaliser un maximum d’installations sur des sites anthropisés (toitures, hangars, parkings, usines en activité ou délaissées, …), ces sociétés cherchent des terrains « faciles », nécessitant une préparation du terrain minimum et d’une belle surface d’un seul tenant. L’installation d’un parc en semi-forêt (ou sur des terres agricoles) coûte certainement moins cher que sur des bâtiments (écoles, mairies, ateliers)
- parce qu’on peut y mettre un nombre important de panneaux
- parce qu’il n’y a pas, comme sur des bâtiments, de recherches de compatibilité (poids des panneaux, branchements) à faire
- et parce qu’il n’y a que peu de risques de blesser des personnes en cas de chute de panneaux ou de la structure (comme par exemple la chute en mars 2018 d’une « ombrière » sur le parking du supermarché U à Sisteron – 04)
J’ai en tête quantité de questions financières ;
- Ce sont ces entreprises qui payent les travaux d’installation. Mais, y a-t-il des subventions régionales, nationales, européennes ?
- Combien cela rapporte-t-il à l’installateur, aux propriétaires du terrain (en dehors du prix de la location, leur paie-t-on la taxe foncière ou un pourcentage en fonction de la production électrique), à la commune, à la com-com, au département ?
- Comment sont taxées ces sociétés installatrices ?
- Comment sont-elles taxées sur leurs profits engendrés par la vente de l’électricité fournie ?
- Dans quel pays payent-elles leurs impôts, leurs taxes ?
- Question subsidiaire mais primordiale ; d’où sort l’argent avec lequel l’EDF paye l’électricité fournie à ces sociétés ? Là, j’ai déjà la réponse : de NOS FACTURES d’électricité !!
Donc, entrons un peu dans les chiffres. Déjà, quelques divergences apparaissent ne serait-ce que pour la location d’un terrain. Le site mypower-engie.fr le 15 janvier 2025 expliquait qu’un hectare de PPV rapporte 4 500 € par an (à noter que depuis « mypower-engie.fr » est devenu reno.energy/, allez savoir pourquoi !). Quant à opera-energie.com, beaucoup plus sobre, il indique entre 1 500 et 3 000 € par an. Il suffit de taper « louer son terrain pour panneaux solaires » et vous avez une quinzaine de sites qui apparaissent. Par exemple :

- Louersonterrain.fr vous propose 6 000 € par ha et par an
- Hangarsolaire.fr : eh oui, on propose de vous construire un hangar avec des panneaux solaires dessus
- locationtoiture.fr : location ou rénovation sans frais de votre toiture
Si l’on prend le premier site ci-dessus, on voit que la location peut rapporter entre 1 900 et 2 500 € par hectare et par an (ils indiquent un revenu de 37 500 € par an pour 15 hectares. C’est sûr qu’un tel chiffre empêche une réflexion saine !).
J’ai trouvé, par exemple, dans le Lot le cas d’une ancienne décharge qui, avec un PPV de 5 ha rapporte 2 300 € par ha et par an soit 11 500 € par an. Dans le 05, un terrain pollué de 15 ha rapporte 2 500 € par ha et par an (soit 37 500 € par an).
Voilà donc de belles fourchettes de prix : 1 500 à 4 500 €/ha/an !
Question : quand le calcul se fait par exemple sur 15 ha, s’agit-il de la surface couverte par les panneaux ou la surface totale d’emprise intégrant les OLD (obligation légale de débroussaillement) si elles sont nécessaires ?
Y-a-t-il une surface ou une production maximale autorisées en France ? Je n’ai pas encore trouvé si ce n’est que la plus grande centrale photovoltaïque en France se trouve à Cestas en Gironde sur 260 hectares avec 1 million de panneaux, une production de 300 MWc. Elle a été inaugurée en 2015 ([4]).

Suivant les sources, cette centrale aurait nécessité un investissement entre 285 et 360 millions d’euros ! (Petit coup de gueule de juin 2026 : combien d’écoles, combien de centres d’urgences pourrait-on rénover et isoler efficacement en cette période de canicule avec de telles sommes ?).
Wikipédia ([5]) explique :
« L’électricité, non pilotable, est revendue à EDF au prix de 104,5 €/MWh. À titre de comparaison, le prix de l’électricité pilotable du futur EPR anglais est annoncé à 109 €/MWh (92,5 £/MWh). Le coût de l’électricité pilotable du nucléaire historique est d’environ 50 €/MWh, selon les estimations. »

Pour compléter un peu cette info sur la centrale de Cestas, signalons que c’est la société Clemessy (filiale d’Eiffage) qui a été chargée de sa construction mais c’est Neoen, propriétaire du terrain, qui l’exploite. Eiffage s’auto-félicite d’avoir créé une machine de nettoyage des panneaux qui « fonctionne sans énergie fossile ». Elle est alimentée par 2 batteries rechargeables grâce à … 12 panneaux solaires embarqués (photo ci-dessous)! C’est bien la moindre des choses ! Pas un mot cependant sur les produits utilisés pour nettoyer les panneaux ! Neoen (néo-énergies) est un producteur français d’énergies exclusivement renouvelables. Il a été créé en 2008 par Xavier Barbaro. En 2024, le groupe a été racheté par Brookfield, société canadienne associé à un fond souverain singapourien ! Mais, qu’on se rassure : Barbaro est toujours PDG de Neoen ! Cet hypocrite a assuré le 21 novembre 2025 sur BFM Business ([6]) que le renouvelable n’est plus intermittent car il mise sur une future évolution technique des batteries ! En Australie, il y a des parcs couplés à des batteries pouvant stocker jusqu’à 8 heures de production. Waouh ! Et je vais ajouter qu’on ne connait pas la masse des batteries nécessaires, sans parler de leur fabrication …

On voit bien ce que peuvent devenir ces sociétés, ces groupes qui implantent des PPV : ils changent de « propriétaires », ils peuvent être absorbés par un plus gros et disparaître. Donc, dans un contrat, lorsqu’on lit que le terrain doit être remis en état en fin d’exploitation (au bout de 30, 35, … ans) où va-t-on retrouver les signataires du départ ?
Juste pour en rajouter une autre, il y a une centrale de 500 ha pour 605 MW près de Leipzig (Allemagne). Encore et toujours plus !!!
[1] A ce jour, ce site n’existe plus mais ses renseignements restent valables.
[2] https://www.edf-solutions-solaires.com/lexique/kwc/
[3] https://www.actu-environnement.com/ae/dictionnaire_environnement/definition/kilowatt_crete_kwc.php4
[4] https://www.connaissancedesenergies.org/cestas-la-centrale-dun-million-de-panneaux-photovoltaiques-241104
[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_solaire_photovolta%C3%AFque_de_Cestas
[6] https://www.youtube.com/watch?v=nEjjjr2pXb0
A suivre…
Carnets d’une photorévoltée (7)
Chapitre III – Les ZAER : les Zones d’Accélération des Energies Renouvelables
« Les zones d’accélération de la production d’énergie renouvelables (ZAER) constituent un dispositif de planification territoriale introduits par la loi n° 2023-175 du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables, dite loi « APER » ».

Les ZAER étaient à définir jusqu’en mars 2024 (voir « Les marchands de soleil » page 46).
Cette définition est prise sur le site réseaux-chaleur.cerema.fr. Le CEREMA -climat et territoire de demain- est un établissement public. Mauvais points pour eux : 2 fautes d’orthographe dans cette définition que nous avons reproduite ci-dessus telle quelle (simple copié-collé) : il aurait fallu un « s » à « énergie renouvelables » et par contre pas de « s » à « introduits » ! Passons !

Petit tour de « magie » ! en ne parlant plus que des ZAER, on fait disparaître le mot « Production » du sigle APER, c’est-à-dire l’implantation dans les territoires d’ éoliennes et de PPV ! Le site précise qu’il s’agit de « production d’énergies renouvelables et de récupération (d’EnR&R) » : « récupération », qu’es aquo ?
Et il précise : « Les projets d’EnR&R sont facilités sur ces zones et elles [qui elles ? les zones ?] témoignent auprès des porteurs de projet d’une volonté politique et d’une acceptabilité locale. » (noté et souligné par moi). Et quand ce n’est ni acceptable ni accepté par les locaux, que fait-on ?

Les projets bénéficient de délais de traitement raccourci, d’une durée d’enquête publique réduite à 15 jours et d’un prix minimal de rachat de l’énergie garanti en cas de sous production (« Les marchands de soleil » page 46).
Il a donc été décidé la création de ZAER au niveau du gouvernement. Ensuite, ça dégringole : région, préfecture, com’com’, communes. Et les habitants ? Quand et comment sont-ils consultés ? En ayant évidemment toutes les informations en main ?
C’est sûr que les termes « énergies renouvelables » font rêver. Mais, quand on voit la centrale de Cruis, des champs agricoles et des plans d’eau sous des panneaux, quand on sait que les panneaux ne seront pas implantés sur des friches artisanales ou industrielles et que l’obligation des parkings avec ombrières est sans cesse reportée, il faut bien se réveiller et ouvrir les yeux !
Le site https://ventdesmaires.fr/ qui est un collectif d’élus locaux (mais pas que) explicite bien clairement le dispositif de cette loi. Ils se battent contre des implantations d’éoliennes (des usines éoliennes et non pas des fermes éoliennes comme c’est gentiment nommé). Mais, on peut mettre « PPV » à la place « d’éolienne » et « centrale PV » à la place de « Parc », ce serait pareil. Dans cet article, on sent bien les injonctions gouvernementales relayées par les préfectures et le lobbying des entreprises. Il est précisé que la loi oblige à consulter au préalable la population. Il n’y a pas de pénalités pour les maires qui ne définissent pas de ZAER ; des projets peuvent être décidés en dehors de ces zones.
Petit tour sur le site https://www.hautes-alpes.gouv.fr/ ([1])
Une commune ne peut pas fixer de zones d’exclusion des EnR par délibération tant qu’elle n’a pas défini des Zones d’Accélération et que celles-ci n’ont pas été arrêtées par le CRE (Comité Régional de l’Energie). C’est kafkaïen ! Finalement, qu’en est-il des communes qui refuseraient à déterminer des ZAER ? Sa compétence sur les ZAER peut lui être retirée. La préfecture peut en imposer et c’est la com’ com’ qui choisit. Donc, aucune liberté pour refuser.
C. Osé et S. Bitterlin ont écrit dans leur livre « Les marchands de soleil » qu’une équipe municipale étant contre l’installation de centrales PV s’est vu refuser l’installation de panneaux sur le toit de l’ancienne mairie ! (page 191).
Qu’en est-il des grandes agglomérations ? J’ai du mal à trouver des infos concrètes.
La commune française ayant identifié le plus grand nombre de ZAER est Pau (!!) avec 16861 lieux possibles (monlumia.fr décembre 2024)
Et dans les beaux villages touristiques ? Pour en citer quelques-uns de la région : Ménerbes, Gordes, Lourmarin, Banon, Simiane-la-Rotonde …etc
Et dans les grandes villes où il y a le plus de demande d’énergie électrique ?
Dernier petit point.
L’ADEME (Agence de l’Environnement et de la Maitrise de l’Energie) a fait une étude : « L’important potentiel des friches et parkings pour l’énergie photovoltaïque » en mai 2019. Il a été recensé 17 764 sites (métropole et Corse) propices à l’installation d’une centrale PV. 2/3 sont des zones délaissées (fiches industrielles, tertiaires, commerciales, autres sites pollués et délaissés) qui peuvent accueillir des installations au sol et 1/3 des parkings. Mais quand on pense au coût de préparation des terrains, il est bien plus rentable de couper des arbres et anéantir un petit coin de nature !
[1] https://www.hautes-alpes.gouv.fr/Actions-de-l-Etat/Environnement-bruit-risques-naturels-et-technologiques/Energies-renouvelables/Loi-d-acceleration-pour-les-energies-renouvelables-et-zones-d-acceleration/FAQ-Zones-d-acceleration
Carnets d’une photorévoltée (5)
Chapitre II – Production, pollution, composition des panneaux et recyclage
3 – Composition des panneaux
D’après le site faq.hellio ([1]), les panneaux PV nécessitent 6 composants principaux :

- Des cellules photovoltaïques, généralement à base de silicium
- Un cadre en aluminium pour renforcer le module
- Du verre armé pour le protéger
- Deux couches d’éthylène-acétate de vinyle (EVA) ([2])
- Une feuille de support
- Une boîte de jonction
Le site https://www.myshop-solaire.com/ ajoute :
« Le PV utilise la lumière solaire pour produire de l’électricité. C’est un ensemble de cellules photovoltaïques composées principalement de 2 couches semi-conductrices reliées en série. Le silicium composant la couche supérieure est couplé avec un composé (généralement du phosphore) contenant plus d’électrons que le silicium naturel »
Pour sa part, le site https://www.monkitsolaire.fr/ rajoute dans la composition « caoutchouc, glycol, eau, un autre plastique (PVF), etc… ».
Dans son livre « Mensonges renouvelables et capitalisme décarboné », Nicolas Casaux ([3]) donne une liste de matériaux nécessaires à l’industrie des panneaux solaires plus exhaustive. Voici un résumé des pages 53-54 de son livre. Les panneaux sont composés de cellules photovoltaïques avec le silicium pour composant principal. Or, le silicium n’existe pas à l’état naturel. Il faut d’abord extraire du quartz ou de la silice (carrières, machines nombreuses et massives, personnel exploité). Il faut ensuite traiter le quartz ou la silice dans des fours à arc électrique (gros consommateurs d’énergie – comment sont construits ces fours ?). Pour 1 tonne de silicium, il faut 2,8 tonnes de quartz, 1,5 tonne de charbon (houille ou mélange avec coke de pétrole), 1,6 tonne de copeaux de bois et 100-150 kg d’électrodes en graphite. Puis, ce silicium doit encore être traité pour obtenir du polysilicium. Ajoutons également un peu d’arsenic, d’aluminium, de bore, de cadmium, de cuivre, de gallium, d’indium, de minerai de fer (acier), de molybdène, de phosphore, de sélénium, d’argent, de tellure et de titane. Ouf !

Ajoutons également les matériaux pour fabriquer les tables (les supports pour les panneaux) fixes ou mobiles, les poteaux pour les fixer dans le sol. Il y a aussi bien sûr les câbles de raccordement entre les panneaux, les onduleurs (photo de droite), les transformateurs, les locaux techniques avec, éventuellement des batteries, les clôtures et les caméras de surveillance. Plus, bien sûr, les câbles pour amener la production électrique jusqu’à un poste source (dont on a déjà parlé dans l’épisode précédent) qui doit parfois être créé ex-nihilo.
Donc, grâce à ses cellules photovoltaïques, le panneau exploite l’effet photo-électrique pour produire du courant continu par absorption du rayonnement solaire (c’est là que l’onduleur entre en jeu pour transformer ce courant continu en courant alternatif). Cet effet permet aux cellules de convertir directement l’énergie lumineuse des photons solaires en électricité par le biais d’un matériau semi-conducteur transportant les charges électriques. ([4]).

Voir sur le site apb-energy, le détail des différents types de cellules photovoltaïques. ([5])
Il faut aussi parler des panneaux polycristallins (constitués de plusieurs cristaux de silicium) et monocristallins (fabriqués à partir d’un seul cristal). Les premiers sont moins chers mais ont un rendement inférieur aux seconds (surface bleutée, fragmentée en plusieurs parties). Les monocristallins sont donc plus chers, plus efficaces, de couleur bleu foncé presque noire et une surface uniforme et lisse ([6]). Ils sont donnés pour avoir un rendement entre 3% et 5% de plus(panneauxsolaires.fr). Un autre site(effy.fr) donne une supériorité de 1% à 3%. Ils sont plus adaptés aux régions avec un ensoleillement moins fort et fréquent car ils parviennent à mieux capter la lumière du soleil y compris avec un rayonnement diffus. A l’inverse, les polycristallins sont efficaces dans les régions très ensoleillées et chaudes.
Si vous voulez en savoir plus sur les différences entre poly et monocristallin (des fois que vous voudriez en mettre sur votre toiture – « sur les toits, pas dans les bois, dixit l’association « le Chêne Blanc » de Limans (04) -, allez sur le site ecoinfo.cnrs.fr « Le silicium : la fabrication » ([7]).
Il y a aussi des panneaux solaires bifaciaux. La face avant reçoit directement la lumière du soleil et la face arrière recueille la lumière réfléchie par le sol ou les surfaces environnantes. Ils peuvent générer jusqu’à 35% d’énergie supplémentaire par rapport aux modèles monofaciaux. (Cf mypower.energie.fr « panneau solaire bifacial : définition, avantages et conseils » du 8-4-2025) ([8])
Sur futura-sciences.com ([9]), on lit que des chercheurs espagnols et suédois ont créé un nouveau type de cellule photovoltaïque dotée de sa propre batterie, avec une couche spéciale qui protège la cellule de la surchauffe et stocke l’énergie sous forme chimique… (info du 28-09-2024)
Mais on peut être rassuré car il ne faut que 5% de silicium sur le poids total d’un panneau (blog.ucs.org)
Et combien ça pèse un panneau ? Au vu d’un rapide regard sur Internet, ça pèse entre 18 et 25 kg (jusqu’à 30). Ça dépend de son type et de son mode d’implantation. Allez donc faire les calculs !
Petits bémols tout de même !
- Pour ekwatteur.fr : le PPV aime la chaleur tempérée. Au-dessus de 25°, les degrés supplémentaires provoquent de la déperdition énergétique car les PPV ne produisent pas d’électricité à partir de la chaleur.
- mypower.engie.fr, (mise à jour du 22-02-2022) explique que la forte chaleur produit un phénomène d’agitation thermique. Cela diminue la tension et la puissance et donc la production. Au-delà de 25°, les modules perdent 0,3% à0,5% de performance par degré supplémentaire.
- Selon monkitsolaire.fr (12-10-2023), les fabricants affirment qu’un panneau solaire sous 40° n’aurait un rendement que de 80%. Lorsqu’il fait plus de 30°, la structure des panneaux peut atteindre 70°, ce qui implique une baisse de rendement de 20 à 25%.
- Les PPV sont fabriqués pour supporter des températures allant jusqu’à 80° (de – 40° à +80°C). Bonjour la déperdition !
Et puis ça doit drôlement s’agiter dans les panneaux de nos centrales PV quand il fait plus de 35° en été dans notre belle région Provence-Alpes-Côte-d’Azur !!!
Petite « perle » pour finir : « le premier inconvénient majeur du photovoltaïque réside dans la dépendance à l’ensoleillement » ! CQFD !

Le prix ?
Pour un particulier, en 2025, on estimait en moyenne pour une puissance de 3 kWc ([10]), 6 500 € pour les polycristallins et 8 000 pour les mono. Un site notait pour 6 KWc (16 panneaux) le coût des travaux à 15 890 € avec un retour sur investissement de 7 ans.
Encore un petit mot sur les panneaux :

Il faut donc passer par le silicium métallurgique ou silicium métal (« Si MG ») ou « MG silicon » en anglosaxon puis par le silicium solaire (« Si SO G ») ou « SoG silicon ». Si on veut un silicium électronique, il y a encore une étape de purification pour arriver au silicium EG. Le G majuscule voulant dire grade. Ces étapes de transformation-purification ont besoin d’énormément d’énergie, utilisent des procédés chimiques et émettent de belles quantités de monoxyde de carbone (5 000 m3 par tonne de silicium ecoinfo.cnrs.fr, Le silicium : la fabrication) ([11]).
Sur le site mineralinfo.fr « Le silicium : un élément chimique très abondant, un affinage stratégique », on peut être assez effrayé par le petit pourcentage de rendement !
Le tonnage d’extraction de matériaux silicatés est trois fois supérieur à celui de l’extraction de l’ensemble des combustibles fossiles(pétrole,charbon,gaz). Une grande partie de matériaux extraits reste à l’état de « stériles d’extraction »
Accrochez-vous, j’envoie les chiffres !
- 2,8 t de quartz donnent 1,3 t de silicium qui donne 1 t de Si MG.
- 1,5 t de SiMG donne 1 t de poly-Si SoG
- 1,7 t de poly-Si SoG donne 1 t de mono-Si SoG
Ceci donne un rendement d’environ 30% pour un lingot de silicium monocristallin. Les 70% restants sont transformés en sous-produits ou en déchets !!!
Ce site date de juin 2020. C’est un site officiel, ce n’est pas parole d’évangile mais ça vaut le coup d’aller le consulter !
Quelle est la consommation d’énergie et d’eau pour leur fabrication, leur pose et leur entretien ? On entend parler de produits déperlants passés sur les panneaux !! Et quid du vieillissement des matériaux qui les composent ? La plus vieille centrale PV de France est dans l’Ain, à Lhuis. Elle a été construite en 1992. Qu’en est-il sur place ? Ce serait intéressant d’y aller et de parler avec les riverains.

Je voudrais encore citer le livre « Les marchands de soleil » de Clément Osé et Sylvie Bitterlin aux éditions Tana – Nouveaux Récits.
Page 222, les processus pour aller du quartz au silicium monocristallin sont listés. Et ça fait peur, notamment les ajouts de produits chimiques et les températures qu’il faut atteindre pour que les transformations arrivent (3000° !).
Ce livre sur la réalité de l’implantation d’une centrale PV est aussi éclairant sur le pouvoir de ces sociétés qui sont à l’origine financière de ces « parcs » de panneaux solaires en milieu naturel. Je voudrais aussi saluer et remercier Sylvie B. qui nous a mis-es sur la voie de la lutte, d’où a découlé la création de la STAJA.
[1] https://faq.hellio.com/composition-panneaux-photovoltaiques
[2] L’éthylène-acétate de vinyle ou EVA (en anglais : ethylene-vinyl acetate) est issu de la copolymérisation de l’éthylène avec l’acétate de vinyle.
[3] Nicolas Cazaux est au centre d’une controverse. On lui reproche des « positions transphobes ». – Voir l’article trouvé sur Internet à https://www.partage-le.com/2022/11/21/la-fraude-de-la-journee-du-souvenir-trans-par-nicolas-casaux/ – Faites-vous votre propre opinion !
[4] https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/energie-solaire
[5] https://www.apb-energy.fr/blog/quest-ce-quun-panneau-photovoltaique–n104
[6] https://particulier.hellio.com/guide-solaire/types/panneau-solaire-polycristallin
[7] https://ecoinfo.cnrs.fr/?s=silicium+fabrication
[8] https://mypower.engie.fr/conseils/panneaux-solaires/produits-associes/panneau-solaire-bifacial—definition–avantages-et-conseils.html
[9] https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/technologie-nouvelle-technologie-solaire-rendements-maximises-meme-sous-forte-chaleur-116388/
[10] KWc : kilowatt crête – que signifie la puissance « crête » ?
ou ce lien
Carnets d’une photorévoltée (6)
Chapitre II – Production, pollution, composition des panneaux et recyclage
4 – Recyclage
Ah ! le recyclage ! Sur la plupart des sites, on apprend que les panneaux solaires se recyclent à 95%. Merveilleux ! Peut-être faut-il préciser que c’est 95% des panneaux recyclables… En effet, il y a des panneaux qui ne sont pas recyclables ; ceux qui, par exemple ont été cassés par la grêle, par des mauvaises manipulations, par le transport.

Dans ce cas, on ne peut pas récupérer les cellules en raison de la présence de bris de verre (voir la vidéo https://www.youtube.com/watch?v=3foJDstoHR8 ). Une fois qu’on a décomposé les panneaux en ses différentes couches, qu’en est-il du recyclage effectif des différents éléments ? Les usines de recyclage existent-elles en nombre suffisant ? Où se situent-elles, à quelle distance des centres de collecte ? Alors, 95% en théorie, certes mais en pratique ?
Donc, un site comme hellowatt.fr dit : c’est environ 95% des composants des panneaux qui sont recyclables (verre, aluminium, silicium, cuivre, argent). Les 5% restant ne peuvent pas être recyclés et finissent à la poubelle.
Sur le site natura-sciences.com, il est écrit que le taux de recyclage est entre 90% et 94% du poids du panneau… Et il ne faut pas confondre : 95% des éléments des panneaux sont recyclables et 95% des panneaux sont recyclés, comme je l’ai entendu (voir ci-dessus) !
Pour le recyclage, il faut faire la différence entre points de collecte et usines de recyclage. Il y a entre 200 à 300 points de collecte sous l’égide de l’organisme Soren. Les usines sont évidemment beaucoup moins nombreuses, à Grenoble, au Rousset, à Bordeaux pour ce que je trouve sur Internet.
Soren est l’éco-organisme agréé par les pouvoirs publics pour la collecte et le traitement des panneaux photovoltaïques usagés en France, 13 centres dont 8 en métropole.
Je regarde une vidéo YouTube (« Les coulisses du recyclage de panneaux solaires ! » de RevolutionEnergétique du 23-11-2022) : https://www.youtube.com/watch?v=3foJDstoHR8L’usine est à Saint Loubès, près de Bordeaux. Il y a une ligne pour tester les panneaux pouvant avoir une « seconde vie » et être revendus en occasion. Si les panneaux sont cassés, ils ne sont pas recyclés et sont envoyés au broyage. Les cadres en aluminium sont récupérés ainsi que le verre. Tout le reste (!!!) est raclé et devient comme un rouleau de tapisserie. Le directeur de l’usine explique que ces « laminés » vont chez un spécialiste et les blocs de jonction partent dans l’industrie métallurgique.

Le site Ceder-Provence ([1]), monté par VEOLIA, fait le même type de recyclage. Il récupère le verre, le cadre. Le plastique est utilisé (sous quelle forme ?) comme combustible de récupération dans les cimenteries. Est-il broyé sur place ou envoyé dans un autre centre ? Les câbles et les connecteurs sont broyés (sur place ?) et vendus sous forme de grenaille de cuivre. Le silicium s’en va dans les filières de métaux précieux (où, par quel procédé est-il recyclé ?). L’unité du Rousset (Bouches-du-Rhône) valorise les fractions minoritaires potentiellement à haute valeur (silicium létal-métal ([2]), cuivre, argent, …). Comment est-ce fait ? Où sont ces matériaux quand ils sont dans les panneaux ; comment peuvent-ils en être extraits ?
Sur le site mineralinfo.fr, on lit :
Une substance très peu recyclée

Le silicium métal n’est quasiment pas recyclé en boucle longue, c’est-à-dire par le traitement de produits arrivant en fin de vie. Dans la filière du recyclage de l’aluminium, il peut s’agir d’un recyclage non fonctionnel, où les atomes de Si piégés dans la masse sont dilués dans d’autres alliages. Dans la filière silicones, il est très difficile de récupérer le silicium, bien que le recyclage non fonctionnel puisse être également envisagé. Pour les panneaux photovoltaïques, certains acteurs du recyclage tels que RoSi Solar effectuent des recherches et expérimentent des pilotes industriels pour démontrer la possibilité de revalorisation du polysilicium. Au-delà de la difficulté de récupérer le silicium dans les composants, le faible coût du silicium, les faibles quantités collectées, et le coût élevé des procédés rendent cette récupération encore peu rentable en 2020. ([3])
Dernières questions sur le recyclage
- Quelles sont les pollutions engendrées par ces usines de recyclage ?
- Combien de fois les matériaux peuvent-ils être recyclés ? Pour le verre et l’alu, ça parait être plusieurs fois. Mais les autres, silicium en tête ?
- Quels sont les déchets ultimes, quel est leur taux de toxicité ?
Encore le site natura.sciences.com, écrit ([4]) :

« En 2021, Soren a collecté 3.395 tonnes de panneaux solaires en France, les sites de recyclage en ont traité 4.332 tonnes. Au final, 3.703 tonnes ont été recyclées, 231 tonnes ont été revalorisées, le reste a été mis en décharge ou incinéré. »
On peut supposer que si on a traité plus de panneaux que ce qu’on en a collecté, c’et qu’il y avait un reliquat des années précédentes. Mais, quelle est la différence entre « recyclé » et « revalorisé » ?
Le site poursuit « … il faut également penser à la valeur des matériaux recyclés. Par exemple, l’argent et le silicium ne représentent respectivement que 0,8% et 2,8% du poids d’un panneau solaire. Pourtant, à eux deux, ils représentent près de 60% de sa valeur. Ces deux métaux sont des matériaux critiques pour la transition énergétique et leur recyclage devrait donc devenir prioritaire. »
Bref, comme dans toutes les filières de recyclage, le principe parait bien prometteur. Mais, quand on arrive à l’exécution, il y a quantité de difficultés tant les matériaux constitutifs sont entremêlés.
Et il ne faut pas oublier les camions pour transporter tout ça et l’énergie électrique (ou autre) nécessaire aux opérations de séparation. Y-a-t-il des panneaux photovoltaïques sur ces centres de recyclage ? Si oui, l’électricité produite est-elle employée directement par l’usine ?
[1] https://www.ceder-provence.org/premier-site-de-recyclage-de-panneaux-photovoltaiques/
[2] En tapant le texte, nous avions écrit par erreur « silicium létal au lieu de silicium métal » : une erreur du subconscient ?
[3] https://www.mineralinfo.fr/fr/ecomine/silicium-un-element-chimique-tres-abondant-un-affinage-strategique
[4] https://www.natura-sciences.com/comprendre/recyclage-panneaux-solaires-france-chiffres.html
Carnets d’une photorévoltée (4)
Dans la revue « Takakia » un article sur la chimie industrielle m’a fait tilter sur le mot « implantation ». Je me suis dit ; « c’est ça, c’est le mot qu’il faut employer pour les PPV au lieu de parler d’une « installation d’un parc photovoltaïque ».
* Installer : mettre en place, établir, loger
* Implanter : introduire et établir solidement
Le mot « implantation » correspond mieux à mon avis à l’introduction de quelque chose d’étranger (ici à un territoire) et qui y est mis de force. Ça correspond bien avec les panneaux solaires des centrales photovoltaïques !
Chapitre II – Production, pollution, composition des panneaux et recyclage
1 – Sources d’énergie
J’y vais d’une évidence : toute source d’énergie ou plutôt toute exploitation d’une source d’énergie pollue. Bois, charbon, pétrole, gaz, nucléaire, éolien, solaire, biomasse, … chacune de ces possibilités pollue à des niveaux différents, de son extraction, sa transformation, son acheminement… à sa consommation.
« Chaque source d’énergie modifie l’environnement et a des conséquences différentes sur la santé humaine. (https://www.academie-technologies.fr/)
La production, le transport et l’utilisation de l’énergie produisent des déchets et des effluents en quantité et de nature très variables ». (https://www.techniques-ingenieur.fr/)
Donc, tout le discours sur le côté « écologique » des PPV ne mentionne que rarement les nuisances de cette source d’énergie.
Ce tableau montre l’évolution énergétique mondiale de 1900 à 2014. Cela ne concerne pas uniquement les énergies utilisées pour la production d’électricité.

Cet autre tableau montre bien qu’au cours des 50 dernières années, le développement de nouvelles sources d’énergie n’a jamais permis d’annuler les énergies utilisées auparavant. Bien au contraire, leur utilisation n’a fait que croître d’année en année.

2 – Origine du silicium

Quand on dit panneau photovoltaïque (PPV), on pense tout de suite au silicium. (Photoci-contre : Extraction de sable à ciel ouvert)
Mais, ça vient d’où le silicium (Si dans le tableau périodique des éléments). On trouve un article super détaillé sur Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Silicium , revu en 2026). Je cite :
« Le silicium est le deuxième élément le plus abondant dans la croûte terrestre après l’oxygène, et constitue 25,7 % de sa masse ».
Autre site plein de renseignements : photovoltaique.info.fr ([1]) (voir « les filières au silicium » de novembre 2024). Le silicium ne se trouve pas tel quel dans la croûte terrestre. Il faut partir du quartz (ou du quartzite), ou du sable.
Un site encore plus éclairant : https://www.gnb.ca/fr.html .
On part des roches, viennent ensuite le sable, la silice puis le silicium
Mais, le quartz (ou le quartzite), ça vient d’où ? Le quartz est la forme naturelle cristalline la plus abondante de la silice dans la nature !! Il suffit donc de se servir… (voir aussi https://gq.mines.gouv.qc.ca/portail-substances-minerales/la-silice/ ).
Wikipedia précise :
« Constituant 12 % (en masse) de la lithosphère, le quartz est le minéral le plus commun de la croûte terrestre (l’oxygène et le silicium sont respectivement les premier et deuxième constituants de la lithosphère, par ordre d’importance). » ([2])
Mais le silicium n’est-il pas contenu dans le quartz ?

Le quartz est un minéral dur composé d’atomes de silicium (Si) et d’Oxygène (O) : voir https://samasinc.com/fr/comment-extraire-le-quartz-etape-par-etape-processus-de-production-et-effets-environnementaux/
Pour extraire le quartz ou le quartzite, on trouve des exploitations à ciel ouvert ou en souterrain. Suivent ensuite les procédés de traitement pour obtenir la silice.
Le quartz est à l’origine de la majeure partie du verre de notre société (https://commonminerals.esci.umn.edu/ ). Il sert aussi à la fabrication de la céramique ou de moules de fonderie en métal. Le grés, composé principalement de quartz est une pierre très importante dans la construction. N’oublions pas aussi que de nombreuses variétés de quartz sont des pierres précieuse (améthyste, citrine, quartz fumé ou rose).
Pour parvenir à la silice, on recherche des sables siliceux : il doit contenir au moins 95 % de silice et moins de 0,6 % d’oxyde de fer. On parle alors de sable ordinaire (https://shawresources.ca/ ). On l’extrait des fonds marins et fluviaux, des déserts ou des montagnes ( https://www.zenithcrusher.com/ ).
Voir aussi https://mineralinfo.fr/fr : memento roches et minéraux industriels ([4]). Je suis pour ma part interpellée par l’association de « roches et minéraux » avec « industriels ». Le site date de 1998 mais l’exploitation et le traitement des sables siliceux n’ont pas dû beaucoup changer depuis. L’exploitation se fait au moyen de « dragues suceuses » flottantes pour les dépôts situés sous le niveau des nappes phréatiques (et ça ne perturbe pas le fonctionnement des « nappes » ?) ou par des pelles mécaniques dans le cas de sites à sec. Sur la page 47, il y a un schéma (reproduit ci-contre) pour le traitement du sable afin de parvenir à la silice. Ça fait moins peur un schéma bien propre qu’un site en vrai…
Regardez donc aussi une petite vidéo sur une « usine de lavage de sable de silice 200 tph (tonnes par heure) pour les sables de verre en Tunisie (projets CDE) » ([5])
Ou encore cette autre vidéo « Usine De Traitement De Sable De Silice 50 TPH » ([6]) Et d’où provient toute l’énergie nécessaire au fonctionnement de ces machines ?

Sur le site https://www.jxscmachine.com/fr/?s=silice&trp-form-language=fr on peut lire : « Dans presque tous les cas, l’extraction de la silice utilise des méthodes d’exploitation à ciel ouvert ou par dragage… A l’exception de la perturbation temporaire de la zone immédiate pendant les opérations d’extraction, l’exploitation du sable et du gravier a généralement un impact limité sur l’environnement. » Ça me donne bien envie d’obliger l’auteur de ce paragraphe d’aller vivre à côté d’une carrière !
Donc, une fois qu’on a du sable siliceux, on doit passer à l’étape de purification :
« Il suffit de charger les matières dans le bac à matières premières à l’aide d’un camion, d’une excavatrice ou autre moyen. Le crible vibrant à haute fréquence permet de séparer le sable siliceux de 0 à 2 millimètres et de l’envoyer dans le laveur à attrition ». Comme ça parait simple et sans conséquences !
Sur d’autres sites, on apprend que le sable est transformé en silicium pur par chauffage avec du coke à une très forte température (3 000°C). Il s’ensuit bien sûr une production de dioxyde de carbone (CO2) en grande quantité. Encore un procédé particulièrement énergivore et générateur de gaz polluants.
Pour Wikipédia « Le silicium d’une pureté de 96 à 99 % est obtenu en réduisant du quartzite ou du sable avec du coke très pur. La réduction s’effectue dans un four à arc électrique, un excès de dioxyde de silicium étant utilisé pour empêcher l’accumulation de carbure de silicium » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Silicium ).
Quels sont les pays exportateurs de sable siliceux ? Les USA, l’Union Européenne (https://wits.worldbank.org/ ), l’Algérie avec des gisements importants (https://uconect.umc.edu.dz/ ) et le Brésil. Ajoutons aussi la Chine qui arrive au premier rang mondial pour l’extraction de sable marin. (ci-dessous : Usine de lavage de sable)

Mais, attention, l’utilisation du sable ne se limite pas à la silice pour les PPV. En général, il sert surtout à la construction (bâtiments, voies ferrées, autoroutes, …) et à la poldérisation mais également dans l’industrie du verre, dans la technique de la fracturation hydraulique, … Or le granulat (sable, graviers, charges minérales) est une ressource non renouvelable ! ([7]) Cf. aussi l’article du journal Le Monde du 4 septembre 2022. ([8])
Tout ça pour en arriver finalement à récupérer des cristaux de quartz (soit dans le sable, soit dans une mine de quartz), cristaux composés essentiellement de dioxyde de silicium (silicium + oxygène) autrement dit, de la silice. Ouf ! Après moult procédés mécaniques et chimiques, on arrive finalement à notre « cher » silicium en passant par la silice !
Et les définitions de la silice ? Pas si simple que ça pour s’y retrouver sur les différents sites !
- Wikipédia : la silice est la forme naturelle du dioxyde de silicium. Elle existe à l’état libre sous formes cristallines ou amorphes ou combinées dans les silicates.
- Capsoleil-energie.com (2024). Définition de la silice : c’est un composé chimique minéral dérivé du silicium. Elle est surtout extraite de roches sédimentaires comme le sable. C’est la silice amorphe qui est déposée sur un substrat en couches minces pour fabriquer des cellules photovoltaïques. Mais il est nécessaire d’utiliser du dioxyde de silicium hydrogéné pour obtenir des propriétés semi-conductrices. (Et hop, encore une opération certainement pas bien « verte ». J’ai dû rater l’opération qui fait passer la silice en dioxyde de silicium hydrogéné.)
- Autre site intéressant, celui du gouvernement du Nouveau Brunswick ([9]). Cet article site les terrains qui sont exploités et où il y a des gites de silice : le sable du crétacé ; le grès quartzeux du carbonifère tardif, … Quelques photos de roche laissent supposer le bouleversement de ces endroits lors de l’exploitation.
- https://mi-france.fr/ . La silice est composée exclusivement de silicium et d’oxygène. Le quartz est sa forme cristalline la plus courante. Présent dans presque toutes les roches, le quartz se présente sous forme de grains millimétriques dispersés ou soudés entre eux (quartzites). En quelques lignes, on a la composition, les gisements et les utilisations de la silice. C’est le site que j’ai trouvé le plus clair ([10]).
On arrive maintenant à l’extraction de la silice.

- Sciencedirect.com « L’extraction de la silice pure à partir de sources naturelles telles que la roche de quartzite ou le sable de quartz, nécessite généralement des méthodes conventionnelles impliquant des températures supérieures à 1 500 °C et des conditions de haute pression ». Bizarrement, ce passage est extrait d’un article intitulé « extraction de la silice à partir de la balle de riz : revue exhaustive et application ».
- D’autres sites parlent également de la silice extraite de la balle de riz.
- Je suis aussi tombée sur le site lelemantarium.fr. Il y est question d’une roche sédimentaire formée par l’accumulation de squelettes internes d’algues (les diatomées). C’est la diatomite qui contient 84 à 94 % de silice (après calcination à 1000 °C). Il y a des gisements dans le Cantal qui se sont formés à la fin du miocène entre 5 et 9 millions d’années ([11]).
- Page 3 – Sur 26 000 et quelques tonnes, il y en a 15 % exportées vers l’Espagne alors que les importations sont de presque 15 000 tonnes dont 23 % venant d’Espagne (??!!)
- Page 6 – Le développement de la production de gaz et de pétrole de schiste a entrainé une forte consommation de silice car les graines de silice permettent de maintenir la perméabilité de la roche fracturée !!
Utilisation de la silice

Elle est utilisée pour :
- produits cosmétiques, pharmaceutiques, alimentaires (anti-agglomérant)
- verre
- produits pour animaux de compagnie, …
- 95 % sont utilisés dans la construction comme la production de béton. Sur le site alfatestlab.com (12), on lit « Environ 95 % de l’utilisation commerciale du dioxyde de silicium (sable) a lieu dans l’industrie de la construction, par exemple pour la production de béton (béton de ciment Portland). » Or, dans le sable, il n’y pas que de la silice… Va comprendre.
Voilà encore 3 sites qui abordent l’utilisation du silicium :
- photovoltaique.info (13) : https://www.photovoltaique.info/fr/realiser-une-installation/choix-du-materiel/caracteristiques-des-panneaux-photovoltaiques/technologies-de-cellules-solaires-photovoltaiques/les-filieres-au-silicium/#:~:text=Le%20silicium%20est%20le%20deuxi%C3%A8me,le%20quartz%20et%20les%20feldspaths.
- mineralinfo.fr sur l’utilisation et la production de silicium (14) : https://www.mineralinfo.fr/fr/substance/silicium-metal-si
- et, déjà cité, llemantrarium.fr (15) : https://lelementarium.fr/element-fiche/silicium/
Et le prix ?

Bien difficile à le trouver précisément d’autant plus que, fréquemment, on le trouve exprimé en CNY, c’est-à-dire dans la monnaie officielle chinoise (notée d’ailleurs CNY quand elle est employée en Chine ou CNH pour l’étranger, c’est-à-dire le yuan ou renminbi) ou bien aussi en dollars US. (sources : https://fr.tradingeconomics.com/ )
Donc, en 2026, le 6 mars, la tonne de silicium valait 8625 CNY la tonne donc environ 1 080 €. Le prix le plus élevé qu’on ait trouvé était 13 650 CNY la tonne (1 700 €) et le plus bas 7 015 CNY la tonne (877 €).
Autre petit problème, de quel silicium parle-t-on exactement ? Le silicium-métal ? Sur le site revolution-energetique.com, on peut lire « La tonne de silicium-métal produite en France se vend environ 2 300 €, contre 1 500 € pour celle importée de Chine. » ([16])
Peut-être que les industriels s’y retrouvent avec tous ces prix, moi non mais ce n’est pas grave, je n’ai pas l’intention d’acheter quelques tonnes de silicium.
Quelques derniers petits points pour terminer ce paragraphe.
- Le silicone : la matière première en est le silicium pur et sa production implique l’utilisation d’hydrocarbures (dérivés du pétrole). https://www.greenmatch.co.uk/
- Attention aux possibles « erreurs » de traduction anglais/français :
- Silicon (anglais) = silicium (français)
- Silicone = silicone
- Silica = silice
Désolée d’avoir été aussi longue dans cette énumération des origines du silicium. J’ai mis du temps à comprendre l’enchainement quartz-silice-silicium A ma décharge, la majorité des sites que j’ai pu consulter ne sont pas très clairs de prime abord. Et quand on voit tous les processus chimiques et mécaniques mis en place pour arriver au silicium, quelle que soit par ailleurs son utilisation, cela n’aide pas à une certaine simplification et compréhension.
D’autre part, ne faut-il pas être cynique ou adepte du « langage vert » ou encore manipulateur d’information ou simplement totalement désinformé pour utiliser des arguments « écolo » à propos de l’utilisation et de la fabrication des panneaux photovoltaïques,
En faisant ces recherches sur le quartz et le sable, j’ai vraiment ressenti le pillage de notre planète. L’industrie chimique, les domaines du BTP, la production de certaines énergies ont besoin de silice. Et bien, on se sert, ils se servent ! Peu importent les nuisances, la pollution, l’épuisement des ressources, ces grosses sociétés continuent ! Les bénéfices financiers pour quelques-uns, les nuisances pour tous les autres !
[1] https://www.photovoltaique.info/fr/realiser-une-installation/choix-du-materiel/caracteristiques-des-panneaux-photovoltaiques/technologies-de-cellules-solaires-photovoltaiques/les-filieres-au-silicium/
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Quartz_(min%C3%A9ral)
[3] https://cerm.uqac.ca/trcm/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/FI_02_Quartz_2020.pdf
[4] https://www.mineralinfo.fr/sites/default/files/documents/2021-03/silice_rr-40348-fr_1998.pdf
[5] https://www.youtube.co m/watch?v=BRBp2gizHMs
[6] https://www.youtube.com/watch?v=aiBSPJf50mY
[7] https://fr.wikipedia.org/wiki/Extraction_de_sable
[8] http://staja.fr/wp-content/uploads/2026/03/2022-09-04-le-sable-article-du-Monde.pdf
[9] https://www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Departments/en/pdf/Minerals-Minerales/MCP_2-f.pdf
[10] https://www.mi-france.fr/mineraux/silice
[11] https://lelementarium.fr/wp-content/uploads/2018/08/Silices-naturelles-2022.pdf
[12] https://www.alfatestlab.com/fr/les-differentes-formes-et-applications-du-dioxyde-de-silicium-silice/
[13] https://www.photovoltaique.info/fr/realiser-une-installation/choix-du-materiel/caracteristiques-des-panneaux-photovoltaiques/technologies-de-cellules-solaires-photovoltaiques/les-filieres-au-silicium/#:~:text=Le%20silicium%20est%20le%20deuxi%C3%A8me,le%20quartz%20et%20les%20feldspaths.
[14] https://www.mineralinfo.fr/fr/substance/silicium-metal-si
[15] https://lelementarium.fr/element-fiche/silicium/
[16] https://www.revolution-energetique.com/actus/du-silicium-photovoltaique-bientot-produit-en-france/
Carnets d’une photorévoltée (2)
Chapitre I – 2 – Installation d’un parc
Je commence donc par le début, à savoir pourquoi je suis tombée sur un parc de panneaux photovoltaïques. Drôle de vocabulaire d’ailleurs : on parle de parc, un mot qui renvoie plutôt à une idée de végétation et d’animaux, à la nature vivante et non pas morte comme dans ces centrales. Centrales : un mot qu’il faudrait plutôt employer ! Mais, c’est un mot pas bien joli pour une énergie dite renouvelable.
Donc, nous habitons au pied de la montagne de Lure dans les Alpes de Haute Provence. Autour de chez nous, des parcelles boisées, des landes, quelques champs de lavande et quelques pâturages.

Donc, durant l’hiver 2023-2024, nous entendons le bruit d’un chantier de coupe. Au bout de quelques jours, nous décidons d’aller voir ce qui se passe dans ce bois au-dessus de notre maison. Il est vrai que les bruits des engins forestiers nous paraissent par moments bien près.
Après une vingtaine de minutes de marche, nous arrivons à ce qui était une lande de genêts avec quelques bosquets d’arbres. Maintenant, sur plusieurs hectares, il ne reste plus aucun arbre ni arbuste et une énorme machine est en train de broyer ce qui reste de genêts et d’arbrisseaux.

Là où nous venions de temps en temps nous promener, là où nous voyions de nombreuses sentes créées par le passage des animaux (certainement des chevreuils), là où nous avions trouvé un pin que nous avions baptisé « le pin-lyre » à cause de sa tête composée de branches en forme de bras d’une lyre, il n’y a plus que des morceaux de branches broyées, des éclats de bois, du végétal laminé, des cailloux ramenés à la surface et des ornières. Quelle horrible surprise !
Pourquoi avoir rasé toute cette végétation sur cette parcelle qui se trouve au milieu d’un endroit boisé et sans aucune habitation ? Petit à petit, nous allons voir s’installer là un parc de panneaux photovoltaïques de 5 hectares environ (auxquels il faut ajouter plusieurs hectares pour l’élargissement du chemin d’accès et pour les OLD (Obligations Légales de Débroussaillement) qui sont faites sur le pourtour de la centrale et sur les 2 côtés du chemin :
- travail de nivellement du terrain pour avoir du plat et des courbes harmonieuses
- enfoncement dans les cailloux et les rochers des poteaux qui supporteront les panneaux
- pose des panneaux et construction des locaux techniques comportant onduleurs, transformateurs
- enfouissement de la ligne électrique qui passait à cet endroit
- installation des câbles de raccordement
- enfouissement de réserves d’eau de 60 m3
- installation d’une clôture entourant tout le site : elle parait bien solide avec des caméras de surveillance. ([1])
Nous apprendrons peu à peu que cette parcelle est communale et que le parc porte le nom de « parc du Défends du Bon Péou » (photo ci-dessous).

La mairie des Omergues a donc cédé en bail l’usage de ce terrain à une société qui se charge de tous les travaux d’installation, de surveillance, de maintenance. Elle a, de fait, privatisé un espace communal sans qu’aucune information ne nous parvienne alors que nous habitons à moins de 500 mètres de cette centrale (on apprendra ensuite qu’une annonce d’enquête publique avait bien été affichée sur le panneau d’informations communales).
Revenons à notre « parc ». Entre les rangées de panneaux et la clôture, il y a une large bande de terre de plusieurs mètres pour le passage d’engins divers et, à l’extérieur, de l’autre côté du grillage, se trouve également une autre bande de terre où les arbres et autres végétaux ont été coupés. Cela correspond aux OLD dont je parlais un peu plus haut. Il faut en effet une zone « propre » autour de la centrale pour permettre aux pompiers et aux secours d’intervenir. Il est d’ailleurs très compliqué pour les pompiers d’intervenir en cas d’incendie.

- à partir de la page 18, il y a la « description des principaux types d’installations de panneaux photovoltaïques » avec un schéma
- puis le détail des « éléments constitutifs » pages 19 à 25
- de la page 26 à 28, il est question des installations au sol, ce qui est notre cas. Schéma intéressant également
- page 29 : voies d’accès et sécurité du site
- page 30 : le cycle de vie (phase de construction et sa phase post-exploitation)
- pages 31 et suivantes : incidents sur panneaux hors parcs dont page 39 les causes de départ de feu (ces pages ne prennent pas en compte les parcs de panneaux photovoltaïques, dont le retour d’expérience est spécifiquement traité plus loin dans l’étude)
- page 44, on revient aux PPV. Il est cependant noté (certes en juin 2023) : « Il est actuellement très difficile de connaître le nombre de parcs installés en forêt en fonctionnement, et à fortiori l’ensemble des incidents qui s’y sont produits et ont induit une éclosion d’incendie même très limitée » !!! Combien faut-il que je mette de points d’exclamation pour montrer mon étonnement devant cet aveu d’un ministère ! Vais-je jusqu’à extrapoler que cette structure n’est pas au courant (ah, ah, jeu de mots) de tout ce qui concerne les PPV en tant que ministère de la transition écologique ? Car, évidemment, les panneaux, c’est écolo !
- alors que la page 44 parle des incendies éclos dans les parcs, les pages suivantes concernent ceux hors parcs jusqu’à une synthèse pages 54-55.
- page 55 : quelques lignes sur les batteries lithium-Ion qui permettent de stocker temporairement une partie de l’électricité produite. Cet usage est récent mais on recenserait déjà 3 cas d’incendies…
- page 59 : la plupart des parcs PV sont dotés de caméras de surveillance contre d’éventuelles intrusions
- page 60 : il faudrait éviter d’installer des parcs en zone boisée des piémonts des massifs dans le sens du vent dangereux dominant. Y a-t-il eu des études à ce sujet avant de faire toutes ces centrales dans notre montagne ?
- page 61 : le débroussaillement a des côtés négatifs : « le débroussaillement a pour objectif de réduire la quantité de combustible disponible et ainsi de réduire l’intensité de l’incendie. Mais dans la majorité des cas, le débroussaillement va favoriser le développement des herbacées, réduire les ombrages au sol, et ainsi augmenter l’inflammabilité de la végétation en place ».
- page 68 : les parcs photovoltaïques sont considérés au sens du code forestier comme des « installations de toute nature ». Qu’est-ce que ça veut dire ???
- selon la taille et la forme du parc, la superficie à débroussailler hors de l’emprise du parc peut être importante. Pour un parc compact, carré de 25 ha, la bande de débroussaillement externe est de 11 ha alors que sur un parc allongé toujours de 25 ha, elle peut atteindre 27 ha. Quand on donne la surface d’un parc, on ne donne que le parc et non les OLD.
- page 70 : on y trouve la conception et des installations ainsi que la maitrise foncière
- page 71 : prescriptions techniques
- page 78 : liste des cas d’incendie concernant des parcs photovoltaïques analysés. Par exemple, dans les Landes, deux incendies en lien avec des parcs photovoltaïques y sont recensés en moyenne par an.
Le site aria.developpement-durable.gouv.fr dépend du ministère du développement durable. Il publie un article intitulé « Accidentologie associée aux panneaux photovoltaïques » ([4]) qui spécifie ces difficultés particulières dont l’électrisation.
Je reviens à notre centrale. Je l’ai dit, quand on cherche une info (là, c’était sur la dangerosité d’un incendie avec PPV pour les pompiers et autres intervenants) on trouve d’autres infos intéressantes qui peuvent déboucher sur bien d’autres questions…
Alors, je reviens à mes moutons (mais ça, c’est une autre histoire d’agrivoltaïsme…)
Ces OLD s’imposent aussi tout au long du chemin qui va de la route jusqu’à la centrale. Dans le cas de notre parc du Défends du bon Péou, on a considérablement agrandi le petit chemin forestier qui existait. Ainsi, tous les engins nécessaires à la construction du parc peuvent passer facilement. Cette tranchée dans la végétation, super bien aplanie servira de voie d’accès aux pompiers et secours divers en cas de problèmes (incendie, …). Une OLD s’applique tout au long de ce grand chemin (pardon Giono) sur 5 mètres de part et d’autre de la voie. On a coupé ainsi la végétation et de magnifiques arbres pour, parait-il, « décarboner la production d’électricité ». Quel beau paradoxe ! D’ailleurs, il n’y a plus un seul brin d’herbe sur cet ex-sentier forestier.
Quand la centrale arrive en fin de vie (en général 30 ans mais on parle maintenant de 40) l’exploitant a 2 choix :
- changer les modules de production
- déconstruire le site et tout remettre dans l’état originel
Nous ne voyons pas très bien au bout de combien de temps la végétation aura repoussé dans cette terre tassée sans plus de couverture d’humus. Quelle solution choisiront les sociétés installatrices ? Normalement, la durée du bail emphytéotique passé est mentionnée dans le contrat ainsi que l’éventuelle possibilité de prolonger ce bail en indiquant le nombre d’années où cela est possible. Pour la centrale du Défends, je ne connais pas la durée du bail : avons-nous les documents qui pourraient l’indiquer ?


Lorsqu’on voit le nombre de bâtiments industriels abandonnés parfois depuis très longtemps, on peut se demander ce qu’il en sera du démantèlement d’une centrale photovoltaïque et de la remise en l’état initial du terrain. C’est certainement sur ce genre d’espace déjà anthropisé que les parcs photovoltaïques devraient être installés.

[1] Voir la liste complète sur vaucluse.gouv.fr : https://www.vaucluse.gouv.fr/contenu/telechargement/22533/167226/file/les_plans_suite_no2_.pdf
[2] L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) est un établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle du ministère chargé de l’environnement.
[3]https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/Parcs%20PV%20et%20Feux%20de%20for%C3%AAt_Etude%20technique_V19_06_2023.pdf
[4] https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/synthese/syntheses/accidentologies-csprt/accidentologie-associee-aux-panneaux-photovoltaiques/
A suivre….
Carnets d’une photorévoltée (0)
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