A suivre…
Author: admin9784
Carnets d’une photorévoltée (5)
Chapitre II – Production, pollution, composition des panneaux et recyclage
3 – Composition des panneaux
D’après le site faq.hellio ([1]), les panneaux PV nécessitent 6 composants principaux :

- Des cellules photovoltaïques, généralement à base de silicium
- Un cadre en aluminium pour renforcer le module
- Du verre armé pour le protéger
- Deux couches d’éthylène-acétate de vinyle (EVA) ([2])
- Une feuille de support
- Une boîte de jonction
Le site https://www.myshop-solaire.com/ ajoute :
« Le PV utilise la lumière solaire pour produire de l’électricité. C’est un ensemble de cellules photovoltaïques composées principalement de 2 couches semi-conductrices reliées en série. Le silicium composant la couche supérieure est couplé avec un composé (généralement du phosphore) contenant plus d’électrons que le silicium naturel »
Pour sa part, le site https://www.monkitsolaire.fr/ rajoute dans la composition « caoutchouc, glycol, eau, un autre plastique (PVF), etc… ».
Dans son livre « Mensonges renouvelables et capitalisme décarboné », Nicolas Casaux ([3]) donne une liste de matériaux nécessaires à l’industrie des panneaux solaires plus exhaustive. Voici un résumé des pages 53-54 de son livre. Les panneaux sont composés de cellules photovoltaïques avec le silicium pour composant principal. Or, le silicium n’existe pas à l’état naturel. Il faut d’abord extraire du quartz ou de la silice (carrières, machines nombreuses et massives, personnel exploité). Il faut ensuite traiter le quartz ou la silice dans des fours à arc électrique (gros consommateurs d’énergie – comment sont construits ces fours ?). Pour 1 tonne de silicium, il faut 2,8 tonnes de quartz, 1,5 tonne de charbon (houille ou mélange avec coke de pétrole), 1,6 tonne de copeaux de bois et 100-150 kg d’électrodes en graphite. Puis, ce silicium doit encore être traité pour obtenir du polysilicium. Ajoutons également un peu d’arsenic, d’aluminium, de bore, de cadmium, de cuivre, de gallium, d’indium, de minerai de fer (acier), de molybdène, de phosphore, de sélénium, d’argent, de tellure et de titane. Ouf !

Ajoutons également les matériaux pour fabriquer les tables (les supports pour les panneaux) fixes ou mobiles, les poteaux pour les fixer dans le sol. Il y a aussi bien sûr les câbles de raccordement entre les panneaux, les onduleurs (photo de droite), les transformateurs, les locaux techniques avec, éventuellement des batteries, les clôtures et les caméras de surveillance. Plus, bien sûr, les câbles pour amener la production électrique jusqu’à un poste source (dont on a déjà parlé dans l’épisode précédent) qui doit parfois être créé ex-nihilo.
Donc, grâce à ses cellules photovoltaïques, le panneau exploite l’effet photo-électrique pour produire du courant continu par absorption du rayonnement solaire (c’est là que l’onduleur entre en jeu pour transformer ce courant continu en courant alternatif). Cet effet permet aux cellules de convertir directement l’énergie lumineuse des photons solaires en électricité par le biais d’un matériau semi-conducteur transportant les charges électriques. ([4]).

Voir sur le site apb-energy, le détail des différents types de cellules photovoltaïques. ([5])
Il faut aussi parler des panneaux polycristallins (constitués de plusieurs cristaux de silicium) et monocristallins (fabriqués à partir d’un seul cristal). Les premiers sont moins chers mais ont un rendement inférieur aux seconds (surface bleutée, fragmentée en plusieurs parties). Les monocristallins sont donc plus chers, plus efficaces, de couleur bleu foncé presque noire et une surface uniforme et lisse ([6]). Ils sont donnés pour avoir un rendement entre 3% et 5% de plus(panneauxsolaires.fr). Un autre site(effy.fr) donne une supériorité de 1% à 3%. Ils sont plus adaptés aux régions avec un ensoleillement moins fort et fréquent car ils parviennent à mieux capter la lumière du soleil y compris avec un rayonnement diffus. A l’inverse, les polycristallins sont efficaces dans les régions très ensoleillées et chaudes.
Si vous voulez en savoir plus sur les différences entre poly et monocristallin (des fois que vous voudriez en mettre sur votre toiture – « sur les toits, pas dans les bois, dixit l’association « le Chêne Blanc » de Limans (04) -, allez sur le site ecoinfo.cnrs.fr « Le silicium : la fabrication » ([7]).
Il y a aussi des panneaux solaires bifaciaux. La face avant reçoit directement la lumière du soleil et la face arrière recueille la lumière réfléchie par le sol ou les surfaces environnantes. Ils peuvent générer jusqu’à 35% d’énergie supplémentaire par rapport aux modèles monofaciaux. (Cf mypower.energie.fr « panneau solaire bifacial : définition, avantages et conseils » du 8-4-2025) ([8])
Sur futura-sciences.com ([9]), on lit que des chercheurs espagnols et suédois ont créé un nouveau type de cellule photovoltaïque dotée de sa propre batterie, avec une couche spéciale qui protège la cellule de la surchauffe et stocke l’énergie sous forme chimique… (info du 28-09-2024)
Mais on peut être rassuré car il ne faut que 5% de silicium sur le poids total d’un panneau (blog.ucs.org)
Et combien ça pèse un panneau ? Au vu d’un rapide regard sur Internet, ça pèse entre 18 et 25 kg (jusqu’à 30). Ça dépend de son type et de son mode d’implantation. Allez donc faire les calculs !
Petits bémols tout de même !
- Pour ekwatteur.fr : le PPV aime la chaleur tempérée. Au-dessus de 25°, les degrés supplémentaires provoquent de la déperdition énergétique car les PPV ne produisent pas d’électricité à partir de la chaleur.
- mypower.engie.fr, (mise à jour du 22-02-2022) explique que la forte chaleur produit un phénomène d’agitation thermique. Cela diminue la tension et la puissance et donc la production. Au-delà de 25°, les modules perdent 0,3% à0,5% de performance par degré supplémentaire.
- Selon monkitsolaire.fr (12-10-2023), les fabricants affirment qu’un panneau solaire sous 40° n’aurait un rendement que de 80%. Lorsqu’il fait plus de 30°, la structure des panneaux peut atteindre 70°, ce qui implique une baisse de rendement de 20 à 25%.
- Les PPV sont fabriqués pour supporter des températures allant jusqu’à 80° (de – 40° à +80°C). Bonjour la déperdition !
Et puis ça doit drôlement s’agiter dans les panneaux de nos centrales PV quand il fait plus de 35° en été dans notre belle région Provence-Alpes-Côte-d’Azur !!!
Petite « perle » pour finir : « le premier inconvénient majeur du photovoltaïque réside dans la dépendance à l’ensoleillement » ! CQFD !

Le prix ?
Pour un particulier, en 2025, on estimait en moyenne pour une puissance de 3 kWc ([10]), 6 500 € pour les polycristallins et 8 000 pour les mono. Un site notait pour 6 KWc (16 panneaux) le coût des travaux à 15 890 € avec un retour sur investissement de 7 ans.
Encore un petit mot sur les panneaux :

Il faut donc passer par le silicium métallurgique ou silicium métal (« Si MG ») ou « MG silicon » en anglosaxon puis par le silicium solaire (« Si SO G ») ou « SoG silicon ». Si on veut un silicium électronique, il y a encore une étape de purification pour arriver au silicium EG. Le G majuscule voulant dire grade. Ces étapes de transformation-purification ont besoin d’énormément d’énergie, utilisent des procédés chimiques et émettent de belles quantités de monoxyde de carbone (5 000 m3 par tonne de silicium ecoinfo.cnrs.fr, Le silicium : la fabrication) ([11]).
Sur le site mineralinfo.fr « Le silicium : un élément chimique très abondant, un affinage stratégique », on peut être assez effrayé par le petit pourcentage de rendement !
Le tonnage d’extraction de matériaux silicatés est trois fois supérieur à celui de l’extraction de l’ensemble des combustibles fossiles(pétrole,charbon,gaz). Une grande partie de matériaux extraits reste à l’état de « stériles d’extraction »
Accrochez-vous, j’envoie les chiffres !
- 2,8 t de quartz donnent 1,3 t de silicium qui donne 1 t de Si MG.
- 1,5 t de SiMG donne 1 t de poly-Si SoG
- 1,7 t de poly-Si SoG donne 1 t de mono-Si SoG
Ceci donne un rendement d’environ 30% pour un lingot de silicium monocristallin. Les 70% restants sont transformés en sous-produits ou en déchets !!!
Ce site date de juin 2020. C’est un site officiel, ce n’est pas parole d’évangile mais ça vaut le coup d’aller le consulter !
Quelle est la consommation d’énergie et d’eau pour leur fabrication, leur pose et leur entretien ? On entend parler de produits déperlants passés sur les panneaux !! Et quid du vieillissement des matériaux qui les composent ? La plus vieille centrale PV de France est dans l’Ain, à Lhuis. Elle a été construite en 1992. Qu’en est-il sur place ? Ce serait intéressant d’y aller et de parler avec les riverains.

Je voudrais encore citer le livre « Les marchands de soleil » de Clément Osé et Sylvie Bitterlin aux éditions Tana – Nouveaux Récits.
Page 222, les processus pour aller du quartz au silicium monocristallin sont listés. Et ça fait peur, notamment les ajouts de produits chimiques et les températures qu’il faut atteindre pour que les transformations arrivent (3000° !).
Ce livre sur la réalité de l’implantation d’une centrale PV est aussi éclairant sur le pouvoir de ces sociétés qui sont à l’origine financière de ces « parcs » de panneaux solaires en milieu naturel. Je voudrais aussi saluer et remercier Sylvie B. qui nous a mis-es sur la voie de la lutte, d’où a découlé la création de la STAJA.
[1] https://faq.hellio.com/composition-panneaux-photovoltaiques
[2] L’éthylène-acétate de vinyle ou EVA (en anglais : ethylene-vinyl acetate) est issu de la copolymérisation de l’éthylène avec l’acétate de vinyle.
[3] Nicolas Cazaux est au centre d’une controverse. On lui reproche des « positions transphobes ». – Voir l’article trouvé sur Internet à https://www.partage-le.com/2022/11/21/la-fraude-de-la-journee-du-souvenir-trans-par-nicolas-casaux/ – Faites-vous votre propre opinion !
[4] https://www.connaissancedesenergies.org/fiche-pedagogique/energie-solaire
[5] https://www.apb-energy.fr/blog/quest-ce-quun-panneau-photovoltaique–n104
[6] https://particulier.hellio.com/guide-solaire/types/panneau-solaire-polycristallin
[7] https://ecoinfo.cnrs.fr/?s=silicium+fabrication
[8] https://mypower.engie.fr/conseils/panneaux-solaires/produits-associes/panneau-solaire-bifacial—definition–avantages-et-conseils.html
[9] https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/technologie-nouvelle-technologie-solaire-rendements-maximises-meme-sous-forte-chaleur-116388/
[10] KWc : kilowatt crête – que signifie la puissance « crête » ?
ou ce lien
Carnets d’une photorévoltée (6)
Carnets d’une photorévoltée (4)
Dans la revue « Takakia » un article sur la chimie industrielle m’a fait tilter sur le mot « implantation ». Je me suis dit ; « c’est ça, c’est le mot qu’il faut employer pour les PPV au lieu de parler d’une « installation d’un parc photovoltaïque ».
* Installer : mettre en place, établir, loger
* Implanter : introduire et établir solidement
Le mot « implantation » correspond mieux à mon avis à l’introduction de quelque chose d’étranger (ici à un territoire) et qui y est mis de force. Ça correspond bien avec les panneaux solaires des centrales photovoltaïques !
Chapitre II – Production, pollution, composition des panneaux et recyclage
1 – Sources d’énergie
J’y vais d’une évidence : toute source d’énergie ou plutôt toute exploitation d’une source d’énergie pollue. Bois, charbon, pétrole, gaz, nucléaire, éolien, solaire, biomasse, … chacune de ces possibilités pollue à des niveaux différents, de son extraction, sa transformation, son acheminement… à sa consommation.
« Chaque source d’énergie modifie l’environnement et a des conséquences différentes sur la santé humaine. (https://www.academie-technologies.fr/)
La production, le transport et l’utilisation de l’énergie produisent des déchets et des effluents en quantité et de nature très variables ». (https://www.techniques-ingenieur.fr/)
Donc, tout le discours sur le côté « écologique » des PPV ne mentionne que rarement les nuisances de cette source d’énergie.
Ce tableau montre l’évolution énergétique mondiale de 1900 à 2014. Cela ne concerne pas uniquement les énergies utilisées pour la production d’électricité.

Cet autre tableau montre bien qu’au cours des 50 dernières années, le développement de nouvelles sources d’énergie n’a jamais permis d’annuler les énergies utilisées auparavant. Bien au contraire, leur utilisation n’a fait que croître d’année en année.

2 – Origine du silicium

Quand on dit panneau photovoltaïque (PPV), on pense tout de suite au silicium. (Photoci-contre : Extraction de sable à ciel ouvert)
Mais, ça vient d’où le silicium (Si dans le tableau périodique des éléments). On trouve un article super détaillé sur Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Silicium , revu en 2026). Je cite :
« Le silicium est le deuxième élément le plus abondant dans la croûte terrestre après l’oxygène, et constitue 25,7 % de sa masse ».
Autre site plein de renseignements : photovoltaique.info.fr ([1]) (voir « les filières au silicium » de novembre 2024). Le silicium ne se trouve pas tel quel dans la croûte terrestre. Il faut partir du quartz (ou du quartzite), ou du sable.
Un site encore plus éclairant : https://www.gnb.ca/fr.html .
On part des roches, viennent ensuite le sable, la silice puis le silicium
Mais, le quartz (ou le quartzite), ça vient d’où ? Le quartz est la forme naturelle cristalline la plus abondante de la silice dans la nature !! Il suffit donc de se servir… (voir aussi https://gq.mines.gouv.qc.ca/portail-substances-minerales/la-silice/ ).
Wikipedia précise :
« Constituant 12 % (en masse) de la lithosphère, le quartz est le minéral le plus commun de la croûte terrestre (l’oxygène et le silicium sont respectivement les premier et deuxième constituants de la lithosphère, par ordre d’importance). » ([2])
Mais le silicium n’est-il pas contenu dans le quartz ?

Le quartz est un minéral dur composé d’atomes de silicium (Si) et d’Oxygène (O) : voir https://samasinc.com/fr/comment-extraire-le-quartz-etape-par-etape-processus-de-production-et-effets-environnementaux/
Pour extraire le quartz ou le quartzite, on trouve des exploitations à ciel ouvert ou en souterrain. Suivent ensuite les procédés de traitement pour obtenir la silice.
Le quartz est à l’origine de la majeure partie du verre de notre société (https://commonminerals.esci.umn.edu/ ). Il sert aussi à la fabrication de la céramique ou de moules de fonderie en métal. Le grés, composé principalement de quartz est une pierre très importante dans la construction. N’oublions pas aussi que de nombreuses variétés de quartz sont des pierres précieuse (améthyste, citrine, quartz fumé ou rose).
Pour parvenir à la silice, on recherche des sables siliceux : il doit contenir au moins 95 % de silice et moins de 0,6 % d’oxyde de fer. On parle alors de sable ordinaire (https://shawresources.ca/ ). On l’extrait des fonds marins et fluviaux, des déserts ou des montagnes ( https://www.zenithcrusher.com/ ).
Voir aussi https://mineralinfo.fr/fr : memento roches et minéraux industriels ([4]). Je suis pour ma part interpellée par l’association de « roches et minéraux » avec « industriels ». Le site date de 1998 mais l’exploitation et le traitement des sables siliceux n’ont pas dû beaucoup changer depuis. L’exploitation se fait au moyen de « dragues suceuses » flottantes pour les dépôts situés sous le niveau des nappes phréatiques (et ça ne perturbe pas le fonctionnement des « nappes » ?) ou par des pelles mécaniques dans le cas de sites à sec. Sur la page 47, il y a un schéma (reproduit ci-contre) pour le traitement du sable afin de parvenir à la silice. Ça fait moins peur un schéma bien propre qu’un site en vrai…
Regardez donc aussi une petite vidéo sur une « usine de lavage de sable de silice 200 tph (tonnes par heure) pour les sables de verre en Tunisie (projets CDE) » ([5])
Ou encore cette autre vidéo « Usine De Traitement De Sable De Silice 50 TPH » ([6]) Et d’où provient toute l’énergie nécessaire au fonctionnement de ces machines ?

Sur le site https://www.jxscmachine.com/fr/?s=silice&trp-form-language=fr on peut lire : « Dans presque tous les cas, l’extraction de la silice utilise des méthodes d’exploitation à ciel ouvert ou par dragage… A l’exception de la perturbation temporaire de la zone immédiate pendant les opérations d’extraction, l’exploitation du sable et du gravier a généralement un impact limité sur l’environnement. » Ça me donne bien envie d’obliger l’auteur de ce paragraphe d’aller vivre à côté d’une carrière !
Donc, une fois qu’on a du sable siliceux, on doit passer à l’étape de purification :
« Il suffit de charger les matières dans le bac à matières premières à l’aide d’un camion, d’une excavatrice ou autre moyen. Le crible vibrant à haute fréquence permet de séparer le sable siliceux de 0 à 2 millimètres et de l’envoyer dans le laveur à attrition ». Comme ça parait simple et sans conséquences !
Sur d’autres sites, on apprend que le sable est transformé en silicium pur par chauffage avec du coke à une très forte température (3 000°C). Il s’ensuit bien sûr une production de dioxyde de carbone (CO2) en grande quantité. Encore un procédé particulièrement énergivore et générateur de gaz polluants.
Pour Wikipédia « Le silicium d’une pureté de 96 à 99 % est obtenu en réduisant du quartzite ou du sable avec du coke très pur. La réduction s’effectue dans un four à arc électrique, un excès de dioxyde de silicium étant utilisé pour empêcher l’accumulation de carbure de silicium » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Silicium ).
Quels sont les pays exportateurs de sable siliceux ? Les USA, l’Union Européenne (https://wits.worldbank.org/ ), l’Algérie avec des gisements importants (https://uconect.umc.edu.dz/ ) et le Brésil. Ajoutons aussi la Chine qui arrive au premier rang mondial pour l’extraction de sable marin. (ci-dessous : Usine de lavage de sable)

Mais, attention, l’utilisation du sable ne se limite pas à la silice pour les PPV. En général, il sert surtout à la construction (bâtiments, voies ferrées, autoroutes, …) et à la poldérisation mais également dans l’industrie du verre, dans la technique de la fracturation hydraulique, … Or le granulat (sable, graviers, charges minérales) est une ressource non renouvelable ! ([7]) Cf. aussi l’article du journal Le Monde du 4 septembre 2022. ([8])
Tout ça pour en arriver finalement à récupérer des cristaux de quartz (soit dans le sable, soit dans une mine de quartz), cristaux composés essentiellement de dioxyde de silicium (silicium + oxygène) autrement dit, de la silice. Ouf ! Après moult procédés mécaniques et chimiques, on arrive finalement à notre « cher » silicium en passant par la silice !
Et les définitions de la silice ? Pas si simple que ça pour s’y retrouver sur les différents sites !
- Wikipédia : la silice est la forme naturelle du dioxyde de silicium. Elle existe à l’état libre sous formes cristallines ou amorphes ou combinées dans les silicates.
- Capsoleil-energie.com (2024). Définition de la silice : c’est un composé chimique minéral dérivé du silicium. Elle est surtout extraite de roches sédimentaires comme le sable. C’est la silice amorphe qui est déposée sur un substrat en couches minces pour fabriquer des cellules photovoltaïques. Mais il est nécessaire d’utiliser du dioxyde de silicium hydrogéné pour obtenir des propriétés semi-conductrices. (Et hop, encore une opération certainement pas bien « verte ». J’ai dû rater l’opération qui fait passer la silice en dioxyde de silicium hydrogéné.)
- Autre site intéressant, celui du gouvernement du Nouveau Brunswick ([9]). Cet article site les terrains qui sont exploités et où il y a des gites de silice : le sable du crétacé ; le grès quartzeux du carbonifère tardif, … Quelques photos de roche laissent supposer le bouleversement de ces endroits lors de l’exploitation.
- https://mi-france.fr/ . La silice est composée exclusivement de silicium et d’oxygène. Le quartz est sa forme cristalline la plus courante. Présent dans presque toutes les roches, le quartz se présente sous forme de grains millimétriques dispersés ou soudés entre eux (quartzites). En quelques lignes, on a la composition, les gisements et les utilisations de la silice. C’est le site que j’ai trouvé le plus clair ([10]).
On arrive maintenant à l’extraction de la silice.

- Sciencedirect.com « L’extraction de la silice pure à partir de sources naturelles telles que la roche de quartzite ou le sable de quartz, nécessite généralement des méthodes conventionnelles impliquant des températures supérieures à 1 500 °C et des conditions de haute pression ». Bizarrement, ce passage est extrait d’un article intitulé « extraction de la silice à partir de la balle de riz : revue exhaustive et application ».
- D’autres sites parlent également de la silice extraite de la balle de riz.
- Je suis aussi tombée sur le site lelemantarium.fr. Il y est question d’une roche sédimentaire formée par l’accumulation de squelettes internes d’algues (les diatomées). C’est la diatomite qui contient 84 à 94 % de silice (après calcination à 1000 °C). Il y a des gisements dans le Cantal qui se sont formés à la fin du miocène entre 5 et 9 millions d’années ([11]).
- Page 3 – Sur 26 000 et quelques tonnes, il y en a 15 % exportées vers l’Espagne alors que les importations sont de presque 15 000 tonnes dont 23 % venant d’Espagne (??!!)
- Page 6 – Le développement de la production de gaz et de pétrole de schiste a entrainé une forte consommation de silice car les graines de silice permettent de maintenir la perméabilité de la roche fracturée !!
Utilisation de la silice

Elle est utilisée pour :
- produits cosmétiques, pharmaceutiques, alimentaires (anti-agglomérant)
- verre
- produits pour animaux de compagnie, …
- 95 % sont utilisés dans la construction comme la production de béton. Sur le site alfatestlab.com (12), on lit « Environ 95 % de l’utilisation commerciale du dioxyde de silicium (sable) a lieu dans l’industrie de la construction, par exemple pour la production de béton (béton de ciment Portland). » Or, dans le sable, il n’y pas que de la silice… Va comprendre.
Voilà encore 3 sites qui abordent l’utilisation du silicium :
- photovoltaique.info (13) : https://www.photovoltaique.info/fr/realiser-une-installation/choix-du-materiel/caracteristiques-des-panneaux-photovoltaiques/technologies-de-cellules-solaires-photovoltaiques/les-filieres-au-silicium/#:~:text=Le%20silicium%20est%20le%20deuxi%C3%A8me,le%20quartz%20et%20les%20feldspaths.
- mineralinfo.fr sur l’utilisation et la production de silicium (14) : https://www.mineralinfo.fr/fr/substance/silicium-metal-si
- et, déjà cité, llemantrarium.fr (15) : https://lelementarium.fr/element-fiche/silicium/
Et le prix ?

Bien difficile à le trouver précisément d’autant plus que, fréquemment, on le trouve exprimé en CNY, c’est-à-dire dans la monnaie officielle chinoise (notée d’ailleurs CNY quand elle est employée en Chine ou CNH pour l’étranger, c’est-à-dire le yuan ou renminbi) ou bien aussi en dollars US. (sources : https://fr.tradingeconomics.com/ )
Donc, en 2026, le 6 mars, la tonne de silicium valait 8625 CNY la tonne donc environ 1 080 €. Le prix le plus élevé qu’on ait trouvé était 13 650 CNY la tonne (1 700 €) et le plus bas 7 015 CNY la tonne (877 €).
Autre petit problème, de quel silicium parle-t-on exactement ? Le silicium-métal ? Sur le site revolution-energetique.com, on peut lire « La tonne de silicium-métal produite en France se vend environ 2 300 €, contre 1 500 € pour celle importée de Chine. » ([16])
Peut-être que les industriels s’y retrouvent avec tous ces prix, moi non mais ce n’est pas grave, je n’ai pas l’intention d’acheter quelques tonnes de silicium.
Quelques derniers petits points pour terminer ce paragraphe.
- Le silicone : la matière première en est le silicium pur et sa production implique l’utilisation d’hydrocarbures (dérivés du pétrole). https://www.greenmatch.co.uk/
- Attention aux possibles « erreurs » de traduction anglais/français :
- Silicon (anglais) = silicium (français)
- Silicone = silicone
- Silica = silice
Désolée d’avoir été aussi longue dans cette énumération des origines du silicium. J’ai mis du temps à comprendre l’enchainement quartz-silice-silicium A ma décharge, la majorité des sites que j’ai pu consulter ne sont pas très clairs de prime abord. Et quand on voit tous les processus chimiques et mécaniques mis en place pour arriver au silicium, quelle que soit par ailleurs son utilisation, cela n’aide pas à une certaine simplification et compréhension.
D’autre part, ne faut-il pas être cynique ou adepte du « langage vert » ou encore manipulateur d’information ou simplement totalement désinformé pour utiliser des arguments « écolo » à propos de l’utilisation et de la fabrication des panneaux photovoltaïques,
En faisant ces recherches sur le quartz et le sable, j’ai vraiment ressenti le pillage de notre planète. L’industrie chimique, les domaines du BTP, la production de certaines énergies ont besoin de silice. Et bien, on se sert, ils se servent ! Peu importent les nuisances, la pollution, l’épuisement des ressources, ces grosses sociétés continuent ! Les bénéfices financiers pour quelques-uns, les nuisances pour tous les autres !
[1] https://www.photovoltaique.info/fr/realiser-une-installation/choix-du-materiel/caracteristiques-des-panneaux-photovoltaiques/technologies-de-cellules-solaires-photovoltaiques/les-filieres-au-silicium/
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Quartz_(min%C3%A9ral)
[3] https://cerm.uqac.ca/trcm/wp-content/uploads/sites/4/2021/05/FI_02_Quartz_2020.pdf
[4] https://www.mineralinfo.fr/sites/default/files/documents/2021-03/silice_rr-40348-fr_1998.pdf
[5] https://www.youtube.co m/watch?v=BRBp2gizHMs
[6] https://www.youtube.com/watch?v=aiBSPJf50mY
[7] https://fr.wikipedia.org/wiki/Extraction_de_sable
[8] http://staja.fr/wp-content/uploads/2026/03/2022-09-04-le-sable-article-du-Monde.pdf
[9] https://www2.gnb.ca/content/dam/gnb/Departments/en/pdf/Minerals-Minerales/MCP_2-f.pdf
[10] https://www.mi-france.fr/mineraux/silice
[11] https://lelementarium.fr/wp-content/uploads/2018/08/Silices-naturelles-2022.pdf
[12] https://www.alfatestlab.com/fr/les-differentes-formes-et-applications-du-dioxyde-de-silicium-silice/
[13] https://www.photovoltaique.info/fr/realiser-une-installation/choix-du-materiel/caracteristiques-des-panneaux-photovoltaiques/technologies-de-cellules-solaires-photovoltaiques/les-filieres-au-silicium/#:~:text=Le%20silicium%20est%20le%20deuxi%C3%A8me,le%20quartz%20et%20les%20feldspaths.
[14] https://www.mineralinfo.fr/fr/substance/silicium-metal-si
[15] https://lelementarium.fr/element-fiche/silicium/
[16] https://www.revolution-energetique.com/actus/du-silicium-photovoltaique-bientot-produit-en-france/
Carnets d’une photorévoltée (2)
Chapitre I – 2 – Installation d’un parc
Je commence donc par le début, à savoir pourquoi je suis tombée sur un parc de panneaux photovoltaïques. Drôle de vocabulaire d’ailleurs : on parle de parc, un mot qui renvoie plutôt à une idée de végétation et d’animaux, à la nature vivante et non pas morte comme dans ces centrales. Centrales : un mot qu’il faudrait plutôt employer ! Mais, c’est un mot pas bien joli pour une énergie dite renouvelable.
Donc, nous habitons au pied de la montagne de Lure dans les Alpes de Haute Provence. Autour de chez nous, des parcelles boisées, des landes, quelques champs de lavande et quelques pâturages.

Donc, durant l’hiver 2023-2024, nous entendons le bruit d’un chantier de coupe. Au bout de quelques jours, nous décidons d’aller voir ce qui se passe dans ce bois au-dessus de notre maison. Il est vrai que les bruits des engins forestiers nous paraissent par moments bien près.
Après une vingtaine de minutes de marche, nous arrivons à ce qui était une lande de genêts avec quelques bosquets d’arbres. Maintenant, sur plusieurs hectares, il ne reste plus aucun arbre ni arbuste et une énorme machine est en train de broyer ce qui reste de genêts et d’arbrisseaux.

Là où nous venions de temps en temps nous promener, là où nous voyions de nombreuses sentes créées par le passage des animaux (certainement des chevreuils), là où nous avions trouvé un pin que nous avions baptisé « le pin-lyre » à cause de sa tête composée de branches en forme de bras d’une lyre, il n’y a plus que des morceaux de branches broyées, des éclats de bois, du végétal laminé, des cailloux ramenés à la surface et des ornières. Quelle horrible surprise !
Pourquoi avoir rasé toute cette végétation sur cette parcelle qui se trouve au milieu d’un endroit boisé et sans aucune habitation ? Petit à petit, nous allons voir s’installer là un parc de panneaux photovoltaïques de 5 hectares environ (auxquels il faut ajouter plusieurs hectares pour l’élargissement du chemin d’accès et pour les OLD (Obligations Légales de Débroussaillement) qui sont faites sur le pourtour de la centrale et sur les 2 côtés du chemin :
- travail de nivellement du terrain pour avoir du plat et des courbes harmonieuses
- enfoncement dans les cailloux et les rochers des poteaux qui supporteront les panneaux
- pose des panneaux et construction des locaux techniques comportant onduleurs, transformateurs
- enfouissement de la ligne électrique qui passait à cet endroit
- installation des câbles de raccordement
- enfouissement de réserves d’eau de 60 m3
- installation d’une clôture entourant tout le site : elle parait bien solide avec des caméras de surveillance. ([1])
Nous apprendrons peu à peu que cette parcelle est communale et que le parc porte le nom de « parc du Défends du Bon Péou » (photo ci-dessous).

La mairie des Omergues a donc cédé en bail l’usage de ce terrain à une société qui se charge de tous les travaux d’installation, de surveillance, de maintenance. Elle a, de fait, privatisé un espace communal sans qu’aucune information ne nous parvienne alors que nous habitons à moins de 500 mètres de cette centrale (on apprendra ensuite qu’une annonce d’enquête publique avait bien été affichée sur le panneau d’informations communales).
Revenons à notre « parc ». Entre les rangées de panneaux et la clôture, il y a une large bande de terre de plusieurs mètres pour le passage d’engins divers et, à l’extérieur, de l’autre côté du grillage, se trouve également une autre bande de terre où les arbres et autres végétaux ont été coupés. Cela correspond aux OLD dont je parlais un peu plus haut. Il faut en effet une zone « propre » autour de la centrale pour permettre aux pompiers et aux secours d’intervenir. Il est d’ailleurs très compliqué pour les pompiers d’intervenir en cas d’incendie.

- à partir de la page 18, il y a la « description des principaux types d’installations de panneaux photovoltaïques » avec un schéma
- puis le détail des « éléments constitutifs » pages 19 à 25
- de la page 26 à 28, il est question des installations au sol, ce qui est notre cas. Schéma intéressant également
- page 29 : voies d’accès et sécurité du site
- page 30 : le cycle de vie (phase de construction et sa phase post-exploitation)
- pages 31 et suivantes : incidents sur panneaux hors parcs dont page 39 les causes de départ de feu (ces pages ne prennent pas en compte les parcs de panneaux photovoltaïques, dont le retour d’expérience est spécifiquement traité plus loin dans l’étude)
- page 44, on revient aux PPV. Il est cependant noté (certes en juin 2023) : « Il est actuellement très difficile de connaître le nombre de parcs installés en forêt en fonctionnement, et à fortiori l’ensemble des incidents qui s’y sont produits et ont induit une éclosion d’incendie même très limitée » !!! Combien faut-il que je mette de points d’exclamation pour montrer mon étonnement devant cet aveu d’un ministère ! Vais-je jusqu’à extrapoler que cette structure n’est pas au courant (ah, ah, jeu de mots) de tout ce qui concerne les PPV en tant que ministère de la transition écologique ? Car, évidemment, les panneaux, c’est écolo !
- alors que la page 44 parle des incendies éclos dans les parcs, les pages suivantes concernent ceux hors parcs jusqu’à une synthèse pages 54-55.
- page 55 : quelques lignes sur les batteries lithium-Ion qui permettent de stocker temporairement une partie de l’électricité produite. Cet usage est récent mais on recenserait déjà 3 cas d’incendies…
- page 59 : la plupart des parcs PV sont dotés de caméras de surveillance contre d’éventuelles intrusions
- page 60 : il faudrait éviter d’installer des parcs en zone boisée des piémonts des massifs dans le sens du vent dangereux dominant. Y a-t-il eu des études à ce sujet avant de faire toutes ces centrales dans notre montagne ?
- page 61 : le débroussaillement a des côtés négatifs : « le débroussaillement a pour objectif de réduire la quantité de combustible disponible et ainsi de réduire l’intensité de l’incendie. Mais dans la majorité des cas, le débroussaillement va favoriser le développement des herbacées, réduire les ombrages au sol, et ainsi augmenter l’inflammabilité de la végétation en place ».
- page 68 : les parcs photovoltaïques sont considérés au sens du code forestier comme des « installations de toute nature ». Qu’est-ce que ça veut dire ???
- selon la taille et la forme du parc, la superficie à débroussailler hors de l’emprise du parc peut être importante. Pour un parc compact, carré de 25 ha, la bande de débroussaillement externe est de 11 ha alors que sur un parc allongé toujours de 25 ha, elle peut atteindre 27 ha. Quand on donne la surface d’un parc, on ne donne que le parc et non les OLD.
- page 70 : on y trouve la conception et des installations ainsi que la maitrise foncière
- page 71 : prescriptions techniques
- page 78 : liste des cas d’incendie concernant des parcs photovoltaïques analysés. Par exemple, dans les Landes, deux incendies en lien avec des parcs photovoltaïques y sont recensés en moyenne par an.
Le site aria.developpement-durable.gouv.fr dépend du ministère du développement durable. Il publie un article intitulé « Accidentologie associée aux panneaux photovoltaïques » ([4]) qui spécifie ces difficultés particulières dont l’électrisation.
Je reviens à notre centrale. Je l’ai dit, quand on cherche une info (là, c’était sur la dangerosité d’un incendie avec PPV pour les pompiers et autres intervenants) on trouve d’autres infos intéressantes qui peuvent déboucher sur bien d’autres questions…
Alors, je reviens à mes moutons (mais ça, c’est une autre histoire d’agrivoltaïsme…)
Ces OLD s’imposent aussi tout au long du chemin qui va de la route jusqu’à la centrale. Dans le cas de notre parc du Défends du bon Péou, on a considérablement agrandi le petit chemin forestier qui existait. Ainsi, tous les engins nécessaires à la construction du parc peuvent passer facilement. Cette tranchée dans la végétation, super bien aplanie servira de voie d’accès aux pompiers et secours divers en cas de problèmes (incendie, …). Une OLD s’applique tout au long de ce grand chemin (pardon Giono) sur 5 mètres de part et d’autre de la voie. On a coupé ainsi la végétation et de magnifiques arbres pour, parait-il, « décarboner la production d’électricité ». Quel beau paradoxe ! D’ailleurs, il n’y a plus un seul brin d’herbe sur cet ex-sentier forestier.
Quand la centrale arrive en fin de vie (en général 30 ans mais on parle maintenant de 40) l’exploitant a 2 choix :
- changer les modules de production
- déconstruire le site et tout remettre dans l’état originel
Nous ne voyons pas très bien au bout de combien de temps la végétation aura repoussé dans cette terre tassée sans plus de couverture d’humus. Quelle solution choisiront les sociétés installatrices ? Normalement, la durée du bail emphytéotique passé est mentionnée dans le contrat ainsi que l’éventuelle possibilité de prolonger ce bail en indiquant le nombre d’années où cela est possible. Pour la centrale du Défends, je ne connais pas la durée du bail : avons-nous les documents qui pourraient l’indiquer ?


Lorsqu’on voit le nombre de bâtiments industriels abandonnés parfois depuis très longtemps, on peut se demander ce qu’il en sera du démantèlement d’une centrale photovoltaïque et de la remise en l’état initial du terrain. C’est certainement sur ce genre d’espace déjà anthropisé que les parcs photovoltaïques devraient être installés.

[1] Voir la liste complète sur vaucluse.gouv.fr : https://www.vaucluse.gouv.fr/contenu/telechargement/22533/167226/file/les_plans_suite_no2_.pdf
[2] L’Institut national de l’environnement industriel et des risques (INERIS) est un établissement public à caractère industriel et commercial, placé sous la tutelle du ministère chargé de l’environnement.
[3]https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/Parcs%20PV%20et%20Feux%20de%20for%C3%AAt_Etude%20technique_V19_06_2023.pdf
[4] https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/synthese/syntheses/accidentologies-csprt/accidentologie-associee-aux-panneaux-photovoltaiques/
A suivre….
Carnets d’une photorévoltée (0)
Vous lisez l’épisode 1 : il n’y a pas d’épisode 0 !

Carnets d’une photorévoltée
La suite sera bientôt mise en ligne

Carnets d’une photorévoltée (3)
Chapitre I – 3 – Raccordement et poste source
Il y a une ligne électrique qui passe au-dessus de l’emplacement du parc du Défends. Au départ, nous pensions que le choix du terrain avait été fait en fonction de cette ligne, que le courant produit serait ainsi directement injecté dans le circuit… Grands naïfs et incompétents que nous étions ! Non, la production de ce parc est trop importante pour être ainsi injectée directement. Cela nécessite tout un système en cascade. A l’intérieur du parc, les câbles issus des panneaux rejoignent une boite de jonction d’où repart un seul câble (enterré) vers le local technique. Puis, par des câbles (toujours enterrés) le courant va jusqu’à une « armoire haute tension » et enfin jusqu’au réseau ERDF (Electricité Réseau Distribution France) ([1]). Dans « notre » parc, la ligne électrique qui passait au-dessus a été enterrée (pourquoi ?), les câbles partant du parc ont été enterrés le long du chemin et de la route départementale 18 pour rejoindre l’armoire haute tension fraichement installée. Puis, ça continue le long des routes départementales, parfois à travers champs jusqu’à un « poste source » qui se trouve, en ce qui nous concerne à Limans, à près de 40 kilomètres du parc !
| Petit encart pour les nuls NB. ERDF n’existe plus sous ce sigle. Maintenant, on parle de Enedis. EDF : Electricité De France, production d’électricité, ne détient plus le monopole de la production RTE : Réseau de Transport d’Electricité, transporte l’électricité haute tensionEnedis (ex ERDF) : Energie et distribution, achemine en basse tension et distribue dans les points de Livraison (PDL) Il existe aussi des ELD qui sont des Entreprises Locales de Distribution et qui font le même travail qu’Enedis (ceci sur 5% du territoire, notamment à Grenoble et à Strasbourg). Enedis gère les compteurs électriques, transmet les consommations des usagers aux autres fournisseurs. Engie est une contraction d’énergie (ex GDF-Suez, ex EDF-GDF). C’est aussi un fournisseur d’électricité. (Engie) comme Total Direct Energie ou EkWateur, … Il y en a une quinzaine. |
Revenons au « poste source » : drôle de vocabulaire ! Même si c’est un terme technique, il n’y a rien qui en coule hormis le « courant » électrique et bien sûr, les profits pour les entreprises.
Qu’est-ce donc qu’un poste source ? D’après Enedis, « le poste source est un ouvrage électrique permettant de relier le réseau public de transport d’électricité au réseau public de distribution d’électricité. Il sert à :
- transformer une très haute tension en haute tension,
- diriger l’énergie électrique vers plusieurs canalisations haute tension, appelées « départs ». » ([2])
Sur Wikipedia, on peut lire : « Le poste source est un poste électrique du réseau de distribution d’électricité. C’est l’un des derniers éléments entre le client et le réseau électrique. Le terme « poste source » est surtout utilisé en France, par Enedis, filiale d’EDF chargée de la gestion du réseau de distribution électrique en France métropolitaine. Ailleurs on utilisera plutôt le terme poste de transformation HTB/HTA. » ([3])


| Photos ci-dessus : poste source de Limans (04) |
En général, un poste source est installé sur un terrain de 5 000 à 10 000 m2 (0,5 à 1 ha). Sur la commune des Omergues, la mairie s’est portée candidate pour installer un tel poste sur une parcelle de 2 ha (aux dernières nouvelles, les sites retenus sont dans l’ordre St Christol, Revest du Bion et les Omergues).
Par exemple, sur le site deux-sevres.gouv.fr, (projet d’une extension du poste électrique de ROM pour la création de l’échelon 225000 volts et la reconstruction de l’échelon 90000 volts, site de 2024), il est noté une surface supplémentaire de 4,8 ha avec besoin d’une acquisition foncière de 5,3 ha.
Sur seine-maritime.gouv.fr, pour la création du poste-source de Déville, l’emprise prévue est de 3 556 m². Sur ouest-france.fr, le poste s’étend sur 8 600 m².
Bref, on trouve de ces postes de transformation de toutes les tailles et en tout lieu, même dans des immeubles ou en souterrain !

Passons donc à ce qui conduit l’électricité des centrales PV au poste source. Pour les 2 centrales installées près de chez nous, bien quelques mois après la fin de leur construction, nous avons vu l’implantation « d’armoires électriques haute tension » (petits bâtiments d’un joli vert forêt, photo ci-dessous) par des équipes Enedis (c’était en tout cas « Enedis » qui était inscrit sur les barrières de protection des travaux. Ces mêmes équipes ont enterré également les câbles (haute ou moyenne tension ?) le long des chemins (à travers champs ?) et le long des départementales jusqu’à Limans (soit une quarantaine de kilomètres).
Autre exemple : pour conduire le courant électrique du parc solaire de Meaux (Seine et Marne) au poste source, Enedis doit faire passer un câble de 20 000 volts sous le canal de l’Ourcq (la Marne 17/04/2019), un câble de cuivre d’un kilomètre de long protégé par un fourreau de polyéthylène à 6 mètres de profondeur.
Qui finance donc l’installation de ces câbles ? Il semble que ce soit Enedis qui en assure au moins la pose.
J’en reviens aux travaux d’enfouissement des câbles électriques par Enedis : j’ai lu quelque part qu’il fallait qu’ils soient à une profondeur de 50 cm et à 85 cm pour les voies carrossables (chemins sur lesquels les voitures peuvent rouler). Encore une fois, qui finance le matériel et les travaux ? Est-ce Enedis dont le budget est alimenté par nos factures ? Sont-ce les sociétés qui installent ces centrales obligeant ainsi le service public à relier leurs parcs au réseau de distribution d’électricité ?
Quant à la déperdition suite à l’enfouissement des câbles sur de grandes distances, difficile de trouver des renseignements précis sinon qu’elle existe bel et bien. Voici une formule pour calculer ces pertes : bon courage !

La question subsidiaire est la suivante : l’électricité produite par les centrales PV est achetée par l’EDF. Mais le règlement est-il calculé en fonction de la quantité d’électricité à la sortie du parc ou par celle qui arrive au poste source ? Quelle est vraiment la différence entre la production des panneaux et ce qui est réellement injecté dans le circuit ?
[1] Voir le site ineris.fr déjà cité pages 28-29 : https://www.ineris.fr/sites/ineris.fr/files/contribution/Documents/Parcs%20PV%20et%20Feux%20de%20for%C3%AAt_Etude%20technique_V19_06_2023.pdf
[2] Enedis : « Qu’est-ce qu’un poste source ? A quoi sert-il ? » – https://www.enedis.fr/faq/glossaire/quest-ce-quun-poste-source-quoi-sert-il
[3] Poste source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Poste_source
A suivre…
Carnets d’une photorévoltée (1)
Ces carnets ont été rédigés dans le courant (!) de l’année 2025. Leur titre est un emprunt à la Coordination PhotoréVoltée qui lutte contre le photovoltaïsme sur les espaces naturels, agricoles et forestiers (https://coordo-nationale-photorevoltee.org/ pour trouver plein de renseignements).Et c’est début 2025 que notre petit groupe a créé l’association pour la Sauvegarde des Terres d’Albion et du Jabron, la STAJA. Les renseignements et les références de ces carnets sont donc de 2025, il y en a qu’il faudrait actualiser. En tout cas, l’essentiel des PPV (Parcs PhotoVoltaïques) reste le même, que ce soit pour la fabrication des panneaux et leur installation en zones naturelles !!
Chapitre I – Qu’est-ce qu’un parc photovoltaïque ?
Chapitre I – 1 – Introduction
Allez, il faut que je me décide à les écrire ces carnets d’une photorévoltée ! « Photo » pour panneaux photovoltaïques et « Révoltée » parce que leur installation en zones naturelles est une ineptie et un massacre supplémentaire de ce qui est appelé la « nature ». De plus, les informations diffusées sur leur fabrication et leur mise en place sont parcellaires et parfois fausses (volontairement ou non ?) dans quasi tous les médias « ordinaires ».
Ça parait génial comme ça les panneaux photovoltaïques, appelés aussi « panneaux solaires » : quelques cm2 (les trucs qui s’éclairent dans les jardins la nuit sans branchement électrique), quelques m2 sur les toitures, quelques hectares ou quelques dizaines d’hectares dans des zones naturelles, notamment en PACA, quelques centaines d’hectares (10 fermes qui couvrent 1 200 hectares d’emprise totale dont 300 à 360 ha de panneaux dans les Landes). ([1]) Par exemple, la centrale solaire de Cestas([2]) en Gironde (photo ci-dessous) ou le parc solaire d’Arsac toujours en Gironde([3]) . Ou encore, quelques milliers d’hectares comme en Inde où se construit un parc gigantesque, le parc de Khavda au Gujarat. En plus de 770 éoliennes de 200 mètres de hauteur, il y aura 60 millions de panneau sur 538 km2 (5 fois Paris intra-muros, quasiment la surface de la mégapole de Bombay) pour une production future de 30 gigaW ! ([4]) . Sans parler des centrales géantes en Chine dont certaines sont flottantes.

Maintenant, faisons un peu de calcul : 538 km2, ça représente combien d’hectares ? Et quelles sont les dimensions des panneaux qui seront installés pour calculer en ha ? J’ai rencontré ce changement d’unités quelques fois dans mes recherches et, pour moi qui ne suis pas bien à l’aise avec les maths, cet exercice n’est pas toujours agréable. Les dimensions standard d’un panneau sont 1 m sur 1,70 m. 1 hectare représente un terrain de 100 m sur 100 soit 10 000 m2.1 km2 c’est donc 1 000 000 m2 (1 000 sur 1 000) donc un 1 km2 équivaut à 100 ha. Et en terrain de foot ? Un terrain de foot mesure environ 7 000 m2 (105 m sur 68) donc dans 1 ha on peut mettre environ 1,4 terrain de foot et sur 538 km2, il y aurait grosso modo 77 000 terrains de foot soit 1 700 000 joueurs sans compter les remplaçants !
Donc, quelques panneaux judicieusement installés et du soleil ! C’est bien, c’est propre, c’est renouvelable. Les qualificatifs ne manquent pas dans les médias surtout en cette période de « greenwashing » !
Mais ces panneaux ne sont pas du tout « écolos. Quand on commence à s’y intéresser, quand j’ai commencé à chercher des informations plus complètes, on va, je suis allée d’infos en questions :

- Avec quoi sont faits ces panneaux ?
- D’où les matières premières proviennent-elles ?
- Quelles différences entre mono et polycristallin ?
- C’est quoi un kilowatt-crête ?
- Qui sont ces sociétés qui mettent des millions d’euros dans leur installation ?
- Pourquoi le particulier qui veut s’en doter ne reçoit pas (ou presque plus) d’aide financière de l’état ?
- Pourquoi l’installation obligatoire d’ombrières sur les parkings des grandes surfaces a-t-elle été reportée ?
- Quelles conséquences pour l’agriculture l’autorisation de l’agrivoltaïsme (installation de panneaux solaires sur des terres agricoles) ?
- Quels impacts sur la faune et la flore ? Et sur les humains ?


A gauche Parc du Khavda (Inde) – A droite : Centrale flottante en Chine
La liste (ma liste) de questions ne s’arrête pas là. Voilà, en partie, pourquoi j’ai du mal à me mettre à sa rédaction. Tellement d’informations à chercher, tellement de pistes à explorer, à suivre. Ça part dans tous les sens ! J’espère que l’écriture de ce carnet va me permettre de sérier les choses, de pouvoir exposer à tout un chacun les aspects négatifs et les nocivités de cette production d’énergie électrique.
(à suivre)
[1] Journal Sud-Ouest du 5 mars 2025
[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_solaire_photovolta%C3%AFque_de_Cestas
[3] https://www.clemessy.com/references/solaire-direct
[4] Infos sur le site connaissancedesenergies.org : https://www.connaissancedesenergies.org/afp/inde-la-grande-ruee-vers-lenergie-solaire-bientot-la-plus-grande-centrale-electrique-au-monde-241201#:~:text=Avant%20m%C3%AAme%20de%20tourner%20%C3%A0,la%20tentaculaire%20m%C3%A9gapole%20de%20Bombay.
Document-cadre
Extrait de la lettre de la DDT 04 aux maires du département :
“La loi du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables dite loi “APER”, en son article 54 et plus précisément à l’article L 111-29 du code de l’urbanisme, introduit la notion de “document cadre”.
Ce document-cadre, proposé par les chambres d’agriculture, définit les surfaces agricoles et forestières, incultes* ou non exploitées ouvertes à l’installation d’un projet photovoltaïque dit compatible, plus couramment appelé “projet photovoltaïque au sol”.
Le 13 mars dernier, le Préfet a réceptionné cette proposition de document cadre conçu par la chambre d’agriculture des Alpes de Haute Provence. Conformément à l’article R111-61 du code de l’urbanisme, il vous est transmis, pour avis sous 2 mois (date limite : (15/07/2025) . A l’expiration de ce délai de 2 mois, votre avis sera réputé favorable.”
- Lettre de la DDT 04 aux maires du département
- Lettre de la sous-préfète 04 aux maires du département
- Lettre de la STAJA au Conseil Municipal des Omergues (5 juillet 2025)
- Réponse du maire des Omergues
- Deuxième lettre de la STAJA au Conseil Municipal des Omergues (17 juillet 2025)
- Quelques photos des zones rouges et vertes des Omergues (pour voir toutes les zones définies par le document-cadre pour les Alpes de Haute-Provence, suivez ce lien : https://carto2.geo-ide.din.developpement-durable.gouv.fr/frontoffice/?map=ff0b0667-0bd7-409c-a185-507f560e0b19)





