Carnets d’une photorévoltée (8)

Chapitre IV – Les sociétés installatrices

Et ces parcs (comme ils disent), ces centrales photovoltaïques (PV), qui les installe ? Quelles sont donc ces sociétés qui font une sacrée pression auprès des élus locaux et des agriculteurs ? Je n’ose imaginer leurs relations auprès de divers élus, à chaque échelon de la vie politique (voir textes officiels, lois, décrets, … qui favorisent l’implantation de ces centrales) ! On peut penser aux ZAER, aux décrets sur l’agrivoltaïque. Qui donc investit des millions (en particulier dans le sud de la France en raison de l’ensoleillement) ? Y a-t-il le même lobby des PPV en Italie, Espagne, Grèce, … ? Nous savons qu’il y a des centrales que je qualifie de démentielles en Inde (photo ci-dessus), Chine, Tunisie, …

Voilà le « top 10 » des entreprises de service solaire en France, relevé sur solarecogreen.fr ([1]) en décembre 2024 :

  1. EDF ENR · 2. Engie Green · 3. Solar Eco Green · 4. TotalEnergies · 5. Neoen · 6. Voltalia · 7. Akuo Energy · 8. Urbasolar ·9. Solaire Direct · 10. Boralex

J’ai également noté au cours de mes recherches les sociétés Solalio, Groupe Verlaine, Effy (effy.fr/), Vitaliso (solaireinnov.fr). Chacun peut rajouter le nom de sociétés qu’il rencontre.

 Dans notre petit coin des Alpes de Haute Provence, on connait aussi Boralex (société canadienne déjà citée ci-dessus), Abo Energy (avec des capitaux allemands)

D’après le site connaissancedesenergies.org, en 2024, il y avait 842 000 producteurs d’énergie renouvelable dont 437 000 … sont des particuliers ou des professionnels auto-consommateurs avec des panneaux de moins de 36 kVA (kilovoltampère). Les panneaux sur le résidentiel représentent 55% du parc PV mais seulement 10% en puissance.

 Il reste donc 407 000 lieux de production autres que les particuliers et les auto-consommateurs.

Tiens, une nouvelle unité de mesure électrique. Jusqu’à présent, je trouvais des KWc (kilowatt crête). EDF donne cette définition ([2]) :

Le kilowatt-crête (kWc) correspond à une capacité de production électrique de 1 000 watts, dans des conditions standards de référence (“Standard test conditions”) : ensoleillement idéal, orientation et inclinaison favorables du panneau solaire, température adaptée, bonnes conditions d’irradiance… Ces circonstances optimales correspondent aux heures aux alentours de midi lors d’une journée d’été ensoleillée.

Le calcul de la puissance maximale d’une installation solaire se calcule sur la base d’un mètre carré et s’exprime en watt-crête (Wc). Le kilowatt-crête est son multiple par 1 000 et il est plus courant sur les devis. En anglais, ces termes se retrouvent désignés Wp et kWp (“watt-peak” pour “watt-crête”).

 D’après actu-environnement ([3]), « Un Wc (Watt-crête) représente la puissance fournie sous un ensoleillement standard de 1.000 W/m2 à 25°C. ». Notez bien cette température standard : « 25°C ».

Le VA (voltampère) est une unité de mesure essentielle dans le domaine de l’électricité, principalement pour évaluer la puissance apparente dans un circuit électrique.

Le KVA (kilovoltampère) mesure la puissance électrique apparente, soit la valeur maximale que peut supporter votre compteur. A ne pas confondre avec le KWh (Kilowatt-heure) qui mesure la quantité d’énergie consommée par un appareil qui fonctionne pendant une heure.

Le Watt (W) mesure la puissance réelle consommée ; il est lié à la puissance apparente (KVA) par un rapport appelé « facteur de puissance » (FP) compris entre 0 et 1 (W=VAxFP). Source : Wikipédia. A vos calculettes !

Voili, voilou ! Pour les personnes comme moi qui ne sont pas initiées à la physique électrique, ce changement d’unité est perturbant et demande de nouvelles recherches.

Continuons ! Un nombre certain de sociétés cherchent à installer des centrales PV. Au lieu de réaliser un maximum d’installations sur des sites anthropisés (toitures, hangars, parkings, usines en activité ou délaissées, …), ces sociétés cherchent des terrains « faciles », nécessitant une préparation du terrain minimum et d’une belle surface d’un seul tenant. L’installation d’un parc en semi-forêt (ou sur des terres agricoles) coûte certainement moins cher que sur des bâtiments (écoles, mairies, ateliers)

  • parce qu’on peut y mettre un nombre important de panneaux
  • parce qu’il n’y a pas, comme sur des bâtiments, de recherches de compatibilité (poids des panneaux, branchements) à faire
  • et parce qu’il n’y a que peu de risques de blesser des personnes en cas de chute de panneaux ou de la structure (comme par exemple la chute en mars 2018 d’une « ombrière » sur le parking du supermarché U à Sisteron – 04)

J’ai en tête quantité de questions financières ;

  • Ce sont ces entreprises qui payent les travaux d’installation. Mais, y a-t-il des subventions régionales, nationales, européennes ?
  • Combien cela rapporte-t-il à l’installateur, aux propriétaires du terrain (en dehors du prix de la location, leur paie-t-on la taxe foncière ou un pourcentage en fonction de la production électrique), à la commune, à la com-com, au département ?
  • Comment sont taxées ces sociétés installatrices ?
  • Comment sont-elles taxées sur leurs profits engendrés par la vente de l’électricité fournie ?
  • Dans quel pays payent-elles leurs impôts, leurs taxes ?
  • Question subsidiaire mais primordiale ; d’où sort l’argent avec lequel l’EDF paye l’électricité fournie à ces sociétés ? Là, j’ai déjà la réponse : de NOS FACTURES d’électricité !!

Donc, entrons un peu dans les chiffres. Déjà, quelques divergences apparaissent ne serait-ce que pour la location d’un terrain. Le site mypower-engie.fr le 15 janvier 2025 expliquait qu’un hectare de PPV rapporte 4 500 € par an (à noter que depuis « mypower-engie.fr » est devenu reno.energy/, allez savoir pourquoi !). Quant à opera-energie.com, beaucoup plus sobre, il indique entre 1 500 et 3 000 € par an. Il suffit de taper « louer son terrain pour panneaux solaires » et vous avez une quinzaine de sites qui apparaissent. Par exemple :

Si l’on prend le premier site ci-dessus, on voit que la location peut rapporter entre 1 900 et 2 500 € par hectare et par an (ils indiquent un revenu de 37 500 € par an pour 15 hectares. C’est sûr qu’un tel chiffre empêche une réflexion saine !).

J’ai trouvé, par exemple, dans le Lot le cas d’une ancienne décharge qui, avec un PPV de 5 ha rapporte 2 300 € par ha et par an soit 11 500 € par an. Dans le 05, un terrain pollué de 15 ha rapporte 2 500 € par ha et par an (soit 37 500 € par an).

Voilà donc de belles fourchettes de prix : 1 500 à 4 500 €/ha/an !

Question : quand le calcul se fait par exemple sur 15 ha, s’agit-il de la surface couverte par les panneaux ou la surface totale d’emprise intégrant les OLD (obligation légale de débroussaillement) si elles sont nécessaires ?

Y-a-t-il une surface ou une production maximale autorisées en France ? Je n’ai pas encore trouvé si ce n’est que la plus grande centrale photovoltaïque en France se trouve à Cestas en Gironde sur 260 hectares avec 1 million de panneaux, une production de 300 MWc. Elle a été inaugurée en 2015 ([4]).

Suivant les sources, cette centrale aurait nécessité un investissement entre 285 et 360 millions d’euros ! (Petit coup de gueule de juin 2026 : combien d’écoles, combien de centres d’urgences pourrait-on rénover et isoler efficacement en cette période de canicule avec de telles sommes ?).

Wikipédia ([5]) explique :

« L’électricité, non pilotable, est revendue à EDF au prix de 104,5 €/MWh. À titre de comparaison, le prix de l’électricité pilotable du futur EPR anglais est annoncé à 109 €/MWh (92,5 £/MWh). Le coût de l’électricité pilotable du nucléaire historique est d’environ 50 €/MWh, selon les estimations. »

Pour compléter un peu cette info sur la centrale de Cestas, signalons que c’est la société Clemessy (filiale d’Eiffage) qui a été chargée de sa construction mais c’est Neoen, propriétaire du terrain, qui l’exploite. Eiffage s’auto-félicite d’avoir créé une machine de nettoyage des panneaux qui « fonctionne sans énergie fossile ». Elle est alimentée par 2 batteries rechargeables grâce à … 12 panneaux solaires embarqués (photo ci-dessous)! C’est bien la moindre des choses ! Pas un mot cependant sur les produits utilisés pour nettoyer les panneaux ! Neoen (néo-énergies) est un producteur français d’énergies exclusivement renouvelables. Il a été créé en 2008 par Xavier Barbaro. En 2024, le groupe a été racheté par Brookfield, société canadienne associé à un fond souverain singapourien !  Mais, qu’on se rassure : Barbaro est toujours PDG de Neoen ! Cet hypocrite a assuré le 21 novembre 2025 sur BFM Business ([6]) que le renouvelable n’est plus intermittent car il mise sur une future évolution technique des batteries ! En Australie, il y a des parcs couplés à des batteries pouvant stocker jusqu’à 8 heures de production. Waouh ! Et je vais ajouter qu’on ne connait pas la masse des batteries nécessaires, sans parler de leur fabrication …

On voit bien ce que peuvent devenir ces sociétés, ces groupes qui implantent des PPV : ils changent de « propriétaires », ils peuvent être absorbés par un plus gros et disparaître. Donc, dans un contrat, lorsqu’on lit que le terrain doit être remis en état en fin d’exploitation (au bout de 30, 35, … ans) où va-t-on retrouver les signataires du départ ? 

Juste pour en rajouter une autre, il y a une centrale de 500 ha pour 605 MW près de Leipzig (Allemagne). Encore et toujours plus !!!


[1] A ce jour, ce site n’existe plus mais ses renseignements restent valables.

[2] https://www.edf-solutions-solaires.com/lexique/kwc/

[3] https://www.actu-environnement.com/ae/dictionnaire_environnement/definition/kilowatt_crete_kwc.php4

[4] https://www.connaissancedesenergies.org/cestas-la-centrale-dun-million-de-panneaux-photovoltaiques-241104

[5] https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_solaire_photovolta%C3%AFque_de_Cestas

[6] https://www.youtube.com/watch?v=nEjjjr2pXb0