Carnets d’une photorévoltée (1)

Ces carnets ont été rédigés dans le courant (!) de l’année 2025. Leur titre est un emprunt à la Coordination PhotoréVoltée qui lutte contre le photovoltaïsme sur les espaces naturels, agricoles et forestiers (https://coordo-nationale-photorevoltee.org/  pour trouver plein de renseignements).Et c’est début 2025 que notre petit groupe a créé l’association pour la Sauvegarde des Terres d’Albion et du Jabron, la STAJA. Les renseignements et les références de ces carnets sont donc de 2025, il y en a qu’il faudrait actualiser. En tout cas, l’essentiel des PPV (Parcs PhotoVoltaïques) reste le même, que ce soit pour la fabrication des panneaux et leur installation en zones naturelles !!

Allez, il faut que je me décide à les écrire ces carnets d’une photorévoltée ! « Photo » pour panneaux photovoltaïques et « Révoltée » parce que leur installation en zones naturelles est une ineptie et un massacre supplémentaire de ce qui est appelé la « nature ». De plus, les informations diffusées sur leur fabrication et leur mise en place sont parcellaires et parfois fausses (volontairement ou non ?) dans quasi tous les médias « ordinaires ».

Ça parait génial comme ça les panneaux photovoltaïques, appelés aussi « panneaux solaires » : quelques cm2 (les trucs qui s’éclairent dans les jardins la nuit sans branchement électrique), quelques m2 sur les toitures, quelques hectares ou quelques dizaines d’hectares dans des zones naturelles, notamment en PACA, quelques centaines d’hectares (10 fermes qui couvrent 1 200 hectares d’emprise totale dont 300 à 360 ha de panneaux dans les Landes). ([1]) Par exemple, la centrale solaire de Cestas([2]) en Gironde (photo ci-dessous) ou le parc solaire d’Arsac toujours en Gironde([3]) . Ou encore, quelques milliers d’hectares comme en Inde où se construit un parc gigantesque, le parc de Khavda au Gujarat. En plus de 770 éoliennes de 200 mètres de hauteur, il y aura 60 millions de panneau sur 538 km2 (5 fois Paris intra-muros, quasiment la surface de la mégapole de Bombay) pour une production future de 30 gigaW ! ([4]) . Sans parler des centrales géantes en Chine dont certaines sont flottantes.

Maintenant, faisons un peu de calcul : 538 km2, ça représente combien d’hectares ? Et quelles sont les dimensions des panneaux qui seront installés pour calculer en ha ? J’ai rencontré ce changement d’unités quelques fois dans mes recherches et, pour moi qui ne suis pas bien à l’aise avec les maths, cet exercice n’est pas toujours agréable. Les dimensions standard d’un panneau sont 1 m sur 1,70 m. 1 hectare représente un terrain de 100 m sur 100 soit 10 000 m2.1 km2 c’est donc 1 000 000 m2 (1 000 sur 1 000) donc un 1 km2 équivaut à 100 ha. Et en terrain de foot ? Un terrain de foot mesure environ 7 000 m2 (105 m sur 68) donc dans 1 ha on peut mettre environ 1,4 terrain de foot et sur 538 km2, il y aurait grosso modo 77 000 terrains de foot soit 1 700 000 joueurs sans compter les remplaçants !

Donc, quelques panneaux judicieusement installés et du soleil ! C’est bien, c’est propre, c’est renouvelable. Les qualificatifs ne manquent pas dans les médias surtout en cette période de « greenwashing » !

Mais ces panneaux ne sont pas du tout « écolos. Quand on commence à s’y intéresser, quand j’ai commencé à chercher des informations plus complètes, on va, je suis allée d’infos en questions :

  • Avec quoi sont faits ces panneaux ?
  • D’où les matières premières proviennent-elles ?
  • Quelles différences entre mono et polycristallin ?
  • C’est quoi un kilowatt-crête ?
  • Qui sont ces sociétés qui mettent des millions d’euros dans leur installation ?
  • Pourquoi le particulier qui veut s’en doter ne reçoit pas (ou presque plus) d’aide financière de l’état ?
  • Pourquoi l’installation obligatoire d’ombrières sur les parkings des grandes surfaces a-t-elle été reportée ?
  • Quelles conséquences pour l’agriculture l’autorisation de l’agrivoltaïsme (installation de panneaux solaires sur des terres agricoles) ?
  • Quels impacts sur la faune et la flore ? Et sur les humains ?

A gauche Parc du Khavda (Inde) – A droite : Centrale flottante en Chine

La liste (ma liste) de questions ne s’arrête pas là. Voilà, en partie, pourquoi j’ai du mal à me mettre à sa rédaction. Tellement d’informations à chercher, tellement de pistes à explorer, à suivre. Ça part dans tous les sens ! J’espère que l’écriture de ce carnet va me permettre de sérier les choses, de pouvoir exposer à tout un chacun les aspects négatifs et les nocivités de cette production d’énergie électrique.


[1] Journal Sud-Ouest du 5 mars 2025

[2] https://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_solaire_photovolta%C3%AFque_de_Cestas

[3] https://www.clemessy.com/references/solaire-direct

[4] Infos sur le site connaissancedesenergies.org : https://www.connaissancedesenergies.org/afp/inde-la-grande-ruee-vers-lenergie-solaire-bientot-la-plus-grande-centrale-electrique-au-monde-241201#:~:text=Avant%20m%C3%AAme%20de%20tourner%20%C3%A0,la%20tentaculaire%20m%C3%A9gapole%20de%20Bombay.

Document-cadre

Extrait de la lettre de la DDT 04 aux maires du département :

“La loi du 10 mars 2023 relative à l’accélération de la production d’énergies renouvelables dite loi “APER”, en son article 54 et plus précisément à l’article L 111-29 du code de l’urbanisme, introduit la notion de “document cadre”.
Ce document-cadre, proposé par les chambres d’agriculture, définit les surfaces agricoles et forestières, incultes* ou non exploitées ouvertes à l’installation d’un projet photovoltaïque dit compatible, plus couramment appelé “projet photovoltaïque au sol”.
Le 13 mars dernier, le Préfet a réceptionné cette proposition de document cadre conçu par la chambre d’agriculture des Alpes de Haute Provence. Conformément à l’article R111-61 du code de l’urbanisme, il vous est transmis, pour avis sous 2 mois (date limite : (15/07/2025) . A l’expiration de ce délai de 2 mois, votre avis sera réputé favorable.”

vidéos 14/06/2025

Merci à notre cinéaste Alain d’Elzéard pour les vidéos des intervenants lors de notre réunion publique du 14 juin.

Joël (Amilure) – La production d’énergie renouvelable, une nécessité en France ? : ici

Samuel (écologue) – Biodiversité et parcs photovoltaïques : ici

Diane (STAJA) – Questions autour des projets de parcs photovoltaïques aux Omergues : ici

Réunion publique du 14 juin 2025 et balade naturaliste du 15 juin 2025

Power Point de l’intervention de Samuel : Quels sont les impacts des Parcs Photovoltaïques sur la biodiversité des milieux naturels et agricoles?

Power Point de l’intervention de •Joël (Amilure) : La production d’énergie renouvelable, une nécessité en France ? 

Vidéo : Lure en résistance, le parc photovoltaïque de Cruis (04) (Elzéard) : ici

Vidéo : les parcs photovoltaïques des Omergues : ici

Documents La Lauzette 2 – La Viérasse

Autres documents

  • Vidéo de présentation pour la réunion du 14 juin 2025

Nos sources

Voici quelques sources que vous pouvez consulter tout à loisir

Naissance de l’association STAJA

La commune des Omergues a la particularité de se trouver à peu près à moitié dans la vallée du Jabron et l’autre moitié sur le plateau d’Albion au pied de la montagne de Lure. Le village et quelques hameaux dans la vallée du Jabron abritent environ 130 personnes alors que le hameau de St André de Villesèche sur le plateau d’Albion compte seulement 14 habitants. Pour joindre ces 2 lieux de vie, il faut, par la route départementale 18, compter 20 à 25 minutes en voiture en passant par le col du Négron. Et encore, en hiver, il arrive souvent que la route du col située à l’ubac de la montagne soit difficilement utilisable (neige ou verglas).

L’essentiel de l’activité agricole et économique (quelques artisans) des Omergues se trouve dans la vallée du Jabron. Villesèche, sur le plateau, dispose de quelques champs cultivés (de la lavande principalement), de quelques prairies et de nombreuses forêts. C’est bien sûr aussi un lieu de pâturage apprécié par les ovins et les bovins sans compter les nombreux animaux qui y vivent à l’année (chevreuils, biches, cerfs, sangliers, renards, lapins et lièvres, quelques loups aussi, …). Pour être complet, il faudrait rajouter aussi tous les insectes, les reptiles et les oiseaux, parler aussi de la végétation, autrement dit, prendre en compte toute la riche biodiversité de ce territoire.

Il y a quelques années, le dernier fermier-éleveur prenant sa retraite a vendu sa ferme et les terrains qui s’y rattachaient à un éleveur de moutons résidant dans le Vaucluse et qui confie, quelques mois par an son troupeau de 1 200 bêtes environ à un berger.

Mai 2024 : nous apprenons que l’éleveur de moutons ainsi qu’un autre propriétaire de terrain (qui n’habite pas non plus sur la commune) envisagent de faire implanter sur leurs terrains un parc agrivoltaïque. Des pourparlers seraient déjà entamés entre eux, le conseil municipal des Omergues et une société du nom de Abo Wind (devenue depuis Agro Energy). Or il y a déjà 2 parcs photovoltaïques qui sont installés sur Villesèche pour lesquels les habitants n’ont pas eu d’informations ou de consultations préalables.

24 mai 2024 : les 14 résidents de Villesèche, unanimes, s’adressent au Conseil Municipal : « Les signataires de cette lettre s’opposent à tout nouveau projet de parc photovoltaïque étant donné que Villesèche contribue déjà au bien public avec le parc récemment construit sur ses terres et que ses habitants souffriraient de conséquences esthétiques et écologiques disproportionnées si ces projets ou d’autres devaient aboutir. » (En fait, il y avait bien déjà 2 parcs construits).

31 mai 2024 : en réponse à notre lettre-pétition, le Maire convoque les habitants de Villesèche (et uniquement eux) à une « réunion d’information et d’échange sur le sujet » pour le 11 juin 2024.

11 juin 2024 : bien que le Maire des Omergues et plusieurs membres du conseil municipal soient présents, il s’agit finalement d’une réunion « publicitaire » de la société Abo Wind avec la présence de l’éleveur, Monsieur Roman, qui nous parlera du « bien-être animal » à paître sous les panneaux solaires. 7 habitants de Villesèche qui ont pu se libérer ce jour-là posent des questions, expriment leur opposition au parc photovoltaïque. Le compte-rendu de cette réunion rédigé par Agro Wind reprendra l’argumentaire de cette société mais à aucun moment ne fera état de nos interventions.

Juin 2024 : nous constituons alors le collectif « Sauvegarde des monts d’Albion » et nous nous rapprochons de groupes amis tels Elzéard (Cruis) ou Amilure. Nous apprenons alors que 2 autres parcs photovoltaïque sont prévus, toujours sur Villesèche. Aucune information n’a été portée à la connaissance des habitants de Villesèche ou du village alors que des permis de construire sont déjà déposés et ont été adressés à la Préfecture. Renseignements pris auprès de la DDT 04 en particulier, ces permis de construire ne peuvent pas être instruits en raison de l’absence de PLU sur la commune. Ce PLU est en train de se réaliser, déjà 2 réunions publiques ont eu lieu.

Juin à octobre 2024 : nous envoyons plusieurs courriels à la mairie en demandant de pouvoir consulter tous les documents relatifs à ces 3 projets de parc (consultation des permis de construire, délibérations des conseils municipaux à leur sujet, …). Pas de réponse.

Juin 2024 : création du collectif « Sauvegarde des Monts d’Albion » avec une page Facebook qui lui est dédiée.

18 septembre 2024 : réunion à la mairie d’Abo Energy (donc ex Abo Wind) qui avait invité les Villeséchois à une réunion de travail. Nous avons refusé de participer à une telle réunion dont l’objectif était de mettre en place le parc alors que nous voulons que le projet soit purement et définitivement abandonné.

27 septembre 2024 : le conseil municipal se porte candidat pour l’installation d’un poste source sur la parcelle WR 10 appartenant à la commune

13 octobre 2024 : notre pétition est mise en ligne

27 octobre 2024 : des équipes se relaient toute la journée lors de la fête de la châtaigne de Revest du Bion pour faire signer la pétition

30 octobre 2024 : encore un courriel au maire, « nous vous demandons expressément de convoquer une réunion ». Pas de réponse

12 novembre 2024 : nous téléphonons au maire qui finalement accepte une réunion pour le 7 décembre 2024

23 novembre 2024 : « stop aux centrales PV en montagne de Lure » à Banon. Le matin, à la librairie Le Bleuet, présentation et dédicace du livre « les marchands de soleil ». L’après-midi, à la médiathèque, « stratégie de protection et de défense des sites » conférences et tables rondes avec les collectifs de Lure, le GNSA et l’ANB. 

7 décembre 2024 : affluence nombreuse à la mairie. Le maire a également demandé aux forces de l’ordre d’être présentes craignant on ne sait trop quoi (ceux-ci prendront en photo toutes les plaques d’immatriculation des véhicules stationnés près de la mairie). Tout de suite, le maire annonce qu’il n’y aura aucune discussion et que sitôt ses explications données, la réunion sera close. L’une d’entre nous essaie d’intervenir alors et, aussitôt des invectives fusent, on entend à plusieurs reprises « ferme ta … ». On a droit alors à un long et monotone descriptif à la gloire des parcs photovoltaïques. Le parc agrivoltaïque est à peine effleuré et pas du tout mentionné dans la feuille « Information aux habitants » remise en début de réunion. Sitôt qu’il en a fini, le maire annonce que la réunion est terminée. Nous demandons alors aux personnes présentes de bien vouloir rester encore un peu, ce que font quelques dizaines d’entre elles. Nous pouvons ainsi rapidement nous présenter et expliquer les raisons de notre opposition mais malheureusement, aucune discussion n’est possible.

14 décembre 2024 : une trentaine de personnes participe à une sortie nature pour découvrir les trésors naturels et le patrimoine pastoral du plateau d’Albion. L’occasion aussi de voir de près les 2 parcs déjà construits et l’emplacement des 2 autres. 2 dames nous accompagnent pendant toute la balade, elles descendent un peu avant nous et s’empressent de photographier toutes les plaques d’immatriculation de nos voitures. Décidément, la maréchaussée tient à nous…

8 janvier 2025 : voici quelques temps déjà que nous avions envisagé la création d’une association loi 1901 afin de disposer d’un organe « légal » pour pouvoir faire par exemple des demandes de salle de la mairie, appeler éventuellement à une manifestation, bénéficier d’une aide juridique. Ce jour se tient donc notre assemblée générale constitutive. Nous y définissons nos objectifs, nos moyens d’action et notre bureau (voir « qui sommes-nous » et les statuts). Notre association s’appellera « Sauvegarde des Terres d’Albion et du Jabron » (STAJA).

9 janvier 2025 : le maire de Revest du Bion et son 1° adjoint ont reçu MN et JJ à notre demande pour faire le point sur les panneaux solaires sur la commune. Du côté de la mairie, 3 bâtiments communaux auront les toitures garnies de panneaux ce qui permettra de réduire le prix de l’électricité pour tous les habitants. Un parc d’une demi hectare est envisagé près de l’Ortiguière. A la question de savoir s’il y aurait des parcs privés, la réponse fut « non ». Et pourtant, il semblerait bien qu’il aurait fallu répondre « oui ». A suivre…

10 janvier 2025 : faisant suite à la demande de rendez-vous d’Amilure et de plusieurs d’entre nous, le maire « organise une réunion en mairie le vendredi 10 janvier 2025 à 10 heures ». 3 d’entre nous et 2 d’Amilure sont reçus par le maire, le 1er et 2e adjoint ainsi qu’une conseillère municipale. Voir ici le compte-rendu de cette réunion rédigé par Pierre d’Amilure.

26 janvier 2025 : lors des traditionnels vœux de début d’année, présentant la participation de la mairie pour les transports scolaires, le maire expliqua que cette celle-ci ne pourrait être renouvelée que si l’argent recueilli grâce aux parcs photovoltaïques le permettait. Quand on sait que cette aide fut pour l’année écoulée au maximum de 675 euros (45 € pour 15 enfants scolarisés en école primaire, collège ou lycée), on ne peut que dénoncer une telle hypocrisie, un tel chantage !

31 janvier 2025 : réunion à la mairie de Banon convoquée par le maire de Banon et la présidente du Parc Naturel Régional du Luberon pour la « révision de la charte du PNR 2025-2040 ». Le PNR propose à la commune de Banon de rejoindre ce PNR. Nous y sommes intervenus au nom de notre association STAJA pour dénoncer en particulier la mesure 14 de cette charte « accroître le développement des énergies renouvelables tout en respectant la vocation des sols, le paysage, les espaces agricoles, naturels et forestiers ».

6 février 2025 : enfin, après quelques péripéties (un premier refus pour un problème de date différente sur le procès-verbal de l’AG constitutive et sur les statuts), la Préfecture nous délivre un récépissé de déclaration de création de l’association « Sauvegarde des Terres d’Albion et du Jabron » ! Voir les statuts ici.

Que choisir ? Ça

ou ça ?

Liste des documents disponibles sur le site STAJA

Juillet 2025 – Divers documents du “document cadre” établi par la chambre d’agriculture des Alpes de Haute-Provence : ici

Juin 2025 – Documents fournis par la Préfecture pour les parcs La Lauzette 2 et La Viérasse dont le permis de construire a déjà été déposé : ici

Mai 2025 – Quelques unes de nos sources : ici

08 janvier 2025 – Statuts de l’association STAJA : ici !

10 janvier 2025 – Compte-rendu de l’entrevue à la mairie des Omergues : ici !

26 février 2025 – Une étude de la FED (Fédération Environnement Durable) : “Aux confins du « Far West », le désert ! De quelques bonnes raisons de s’opposer d’urgence au photovoltaïque industriel. ici !

7 décembre 2024 – “Information aux habitants” : le document distribué par la mairie des Omergues lors de la réunion publique du samedi 7 décembre 2024 : ici !